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Tunisie : un élu sarthois agressé par des islamistes

TEMOIGNAGE - Jamel Gharbi, conseiller régional socialiste des Pays de la Loire, a porté plainte après avoir été agressé à Bizerte en Tunisie. Il se promenait avec sa famille quand il a été roué de coups par des militants islamistes "en raison de leurs vêtements d'été".
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Jeudi 16 août, Jamel Gharbi se promène avec sa femme et sa fille dans le quartier du port de Bizerte, en Tunisie, où se déroule un festival culturel. Vers 21h, il a été victime d'une très violente agression, qu'il nous raconte sur France Info.

"Des salfistes empêchant un concert avaient été chassés par la police et sont descendus au centre-ville ", explique ce Franco-tunisien, conseiller régional socialiste des Pays de la Loire. Selon le ministère de l'Intérieur français, la soirée de clôture du festival avait en effet été ciblée par "environ 200 personnes affiliées au courant salafiste " et armées, selon des témoins, de sabres et de bâtons.

"Ils étaient lâchés comme une horde sauvage "

"À ce moment-là, je descendais au centre-ville avec ma famille pour faire des courses, ma femme était en habit estival : un pantalon et un débardeur, ma fille était en short " raconte Jamel Gharbi. "Je les tenais par la main et on avançait tous les trois ", ajoute l'élu régional PS dans la Sarthe et chargé de mission à la ville du Mans.

C'est alors que des militants islamistes ont commencé par les agresser verbalement en scandant "le bled est islamique ! ", poursuit la victime. "J'ai dit à ma femme de se sauver et de sauver la petite ", explique-t-il, "et moi j'étais en pâture, j'ai été roué de coups, ils ont utilisé leurs poings, des gourdins, tout ce qu'ils avaient sous la main, j'ai échappé au sabre ".

"On va tuer mon papa !"

"L e plus extraordinaire c'est qu'il y a avait du monde et que personne n'intervenait, ils  étaient lâchés comme une horde sauvage ", se souvient-il. "J e ne dois mon salut qu'à mes jambes, j'ai fui, en courant, si j'étais tombé à terre je pense qu'ils m'auraient lynché et que je ne serai pas là ". 

Jamel Gharbi, 62 ans, décrit son arcade sourcilière ouverte, des hématomes de chaque coté des tempes, sur la joue, le dos. Il s'est vu préscrire 15 jours d'ITT (incapacité totale de travail). Il décrit également le choc pour lui et sa famille : "j'étais terrorisé, ma fille hurlait, c'est l'émotion la plus forte, elle criait "on va tuer mon papa ! on va tuer mon papa!" C'était cauchemardesque... "

"C'est parce que mon épouse portait un débardeur et ma fille un short"

L'homme se dit très choqué par la "barbarie " de l'agression. "*J 'ai connu la Tunisie dans les années 70, j'ai gardé des souvenirs, mais aujourd'hui la région de Bizerte est défigurée, tout a changé, on est dans l'insécurité totale, on a peur, à partir d'une certaine heure on se demande ce qui va se passer ", raconte-il ajoutant : "ce sont les femmes qui payent un lourd tribut, seul je n'aurais pas été embêté, c'est parce que mon épouse était en débardeur et ma fille en short* ".

Jamel Gharbi a porté plainte et souhaite faire conaître son agression : "*i l faut le dire aux gens qui voient les publicités alléchantes à 299 euros  avec le sable fin, il faut voir l'envers du décor, il ne faut pas qu'ils tombent entre leurs griffes * ". Le conseiller régional a reçu des messages de soutien de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, et du maire de Paris notamment.

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