Tunisie : un accord sur un nouveau gouvernement a été trouvé, il sera finalisé vendredi

Ali Larayedh, chargé par le parti au pouvoir Ennahda de former un nouveau gouvernement, a annoncé ce jeudi soir qu'un accord sur la composition de ce gouvernement a été trouvé. Les noms des ministres ne seront annoncés que vendredi, après qu'une "touche finale" aura été apportée.

(Zoubeir Souissi Reuters)

L'accord a été trouvé in extremis. Les partis politiques tunisiens avaient jusqu'à vendredi pour s'entendre sur la formation d'un gouvernement "apolitique" de technocrates, pour sortir le pays de la crise politique dans laquelle il se trouve depuis quelques semaines.

Cet accord a été finalement obtenu jeudi soir, a annoncé le nouveau Premier ministre Ali Larayedh, chargé par le parti Ennahda de former un cabinet après la démission, le 19 février dernier, d'Hamadi Jebali. Toutefois, il n'a pas détaillé la composition de ce nouveau cabinet : "on va apporter la touche finale demain [vendredi] pour présenter un dossier complet au président ", a-t-il expliqué.

Un cabinet formé par la coalition sortante

Dans un premier temps, la présidence avait indiqué que la formation de ce nouveau gouvernement serait annoncée dès jeudi soir. On ne connaît pas la raison de cet énième (et apparemment dernier) report. On sait toutefois que la coalition élargie, un temps espérée, ne prendra pas forme : trois des formations politiques approchées se sont retirées des discussions.

Conséquence : seule la coalition sortante, composée des islamistes d'Ennahada et du parti laïc CPR (Congrès pour la République) négociaient encore la composition du cabinet jeudi. Ennahda a accepté que des indépendants soient nommés à la tête des ministères régaliens. 

Une crise politique grave

La Tunisie est plongée depuis plusieurs semaines dans une crise politique sans précédent depuis la Révolution de janvier 2011. Crise aggravée, le 6 février dernier, par l'assassinat de l'opposant politique Chokri Belaïd, qui a poussé le Premier ministre à dissoudre le gouvernement et promettre la formation d'un "gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique ". 

Les premières phases de négociations, alors conduites par Hamadi Jebali, ont échoué. Objectif de ces discussions : aboutir à une coalition qui permettra de trouver un compromis sur une nouvelle Constitution pour la pays.