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Tunisie : les partisans d'Ennahda dénoncent l'ingérence de la France

Nouvelle journée de tensions en Tunisie ? Au lendemain des obsèques de Chokri Belaïd qui ont rassemblé une marée humaine à Tunis, les partisans du parti Ennahda sont dans la rue ce samedi. La foule scande des slogans hostiles après les déclarations de Manuel Valls. Le Premier ministre tunisien envisage la démission s'il échoue à former un nouveau gouvernement.
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Radio France
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  (Zoubeir Soussi Reuters)

Pas question pour Ennahda de laisser l'opposition occuper le terrain. Après le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes pour célébrer les funérailles de Chokri Belaïd vendredi et protester contre le pouvoir islamiste accusé de cet assassinat, les jeunesses du parti ont appelé à une manifestation ce samedi à partir de 14h. À 14h30, le cortège rassemblait près de 3.000 personnes. 

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Une manifestation pour "défendre la légitimité de l"Assemblée nationale constituante " (où Ennahda est majoritaire), protester contre "la violence " et dénoncer "l'ingérence française " - allusion aux propos de Manuel Valls qui appelaient jeudi à "soutenir les démocrates " tunisiens.

> À relire Tunisie : marée humaine aux obsèques de Chokri Belaïd

Ces mots d'ordre, égrénés dans un communiqué, sont-ils de nature à tendre encore davantage la situation ? Cette manifestation sera sans doute un test pour la formation Ennahda, en porte-à-faux avec le Premier ministre Hamadi Jebali, pourtant venu de ses rangs. Celui-ci, au lendemain de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, avait annoncé la formation d'un gouvernement de technocrates, ce que la frange radicale du parti, incarnée par son leader Rached Ghannouchi, refuse. Conséquence, le Premier ministre envisagerait ce vendredi de démissionner s'il échoue à former un nouveau cabinet.

> Lire aussi Abdelwahab Meddeb : "En Tunisie, seul 20% de la population soutient vraiment Ennahda" 

Des heurts pendant la nuit

C'est donc une nouvelle journée explosive qui s'annonce, alors que le pays est toujours paralysé par la grève générale à l'appel de l'UGGT. Vendredi, la manifestation a quelque peu dégénéré. Le ministère de l'Intérieur tunisien a fait état de 132 arrestations et de dégâts sur les bâtiments publics et des locaux d'Ennahda en province. Les heurts d'ailleurs se sont poursuivis dans la nuit. Des manifestants ont incendié les locaux d'Ennahda et d'une ONG islamiste à Sidi Bouzid.

Dans ce contexte, l'armée reste déployée. Les écoles françaises restent fermées ce samedi et les universités tunisiennes aussi jusqu'à lundi.

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