Trois opposants égyptiens sous le coup d'une enquête du gouvernement Morsi

Alors que les partis politiques égyptiens se préparent à nommer les candidats aux législatives, trois des principaux leaders de l'opposition sont accusés d'avoir incité au renversement du Président Mohamed Morsi. Une enquête est ouverte par le parquet égyptien.

(Pascal Lauener Reuters)

Trois symboles de l'opposition égyptienne sont accusés d'avoir poussé au renversement du Président Morsi. Une enquête, qui tombe à deux mois des élections législatives, a été ouverte jeudi par le procureur général égyptien Talaat Abdallah.

Trois leaders de l'opposition

Cette enquête concerne le prix Nobel de la Paix et ancien chef
de l'agence nucléaire de l'ONU Mohammed ElBaradei, l'ancien patron de la Ligue
arabe Amr Moussa et le leader de la gauche nationaliste Hamdeen Sabbahi.Ces
deux derniers ont été candidats à la présidentielle de juin contre Morsi.

Le
procureur général, nommé par l'actuel président il y a quelques semaines, a demandé
au ministre de la Justice Ahmed Mekki de nommer un juge d'instruction pour
enquêter sur des accusations portées par un membre du syndicat des avocats, Me al-Sayyed
Hamed.

Peut-être un procès

Ce type d'enquête peut, si les accusations sont jugées fondées, mener à
des inculpations et à un procès. ElBaradei, Moussa et Sabbahi sont à la tête du
Front national du salut (FSN), principale coalition de l'opposition, qui a mené
un combat farouche contre le projet de Constitution soutenu par les islamistes,
qui vient d'être approuvé par référendum
.

Bientôt des législatives

Le FSN a promis de poursuivre son
combat pour faire invalider la nouvelle loi fondamentale, accusée de favoriser
l'islamisation de la législation et d'offrir peu de garanties pour certaines
libertés. Le FSN appelle également à des manifestations contre Mohamed Morsi le
25 janvier prochain, pour le deuxième anniversaire du début du soulèvement
populaire qui poussa l'ancien président Hosni Moubarak à la démission.

L'adoption
de la Constitution doit être suivie dans un délai de deux mois par des
élections législatives, pour lesquelles l'opposition réfléchit à un front
commun. Une coalition qui ne ferait pas l'affaire du gouvernement en place.