Thaïlande : "La priorité est d'établir le contact" avec les 13 personnes bloquées dans une grotte inondée depuis une semaine

Le lieutenant-colonnel Philippe Besson, président fondateur des pompiers de l’Urgence internationale, a expliqué, samedi sur franceinfo, que les principales difficultés sont "l'eau qui remplit les cavités" et "l'épuisement" des victimes.

Soldats de la Royal Thai Navy SEAL inspectant la grotte de Tham Luang en Thaïlande, le 29 juin 2018.
Soldats de la Royal Thai Navy SEAL inspectant la grotte de Tham Luang en Thaïlande, le 29 juin 2018. (HANDOUT / ROYAL THAI NAVY)

Les sauveteurs sont mobilisés depuis une semaine pour sauver 12 enfants âgés de 11 à 16 ans, et leur entraîneur de football de 25 ans, piégés dans la grotte inondée de Tham Luang en Thaïlande, située près de la frontière avec la Birmanie et le Laos. Ils ont été surpris par les fortes pluies de la mousson. Plusieurs centaines de secouristes sont mobilisés, luttant contre une eau boueuse, sans visibilité.

"La priorité est d'établir le contact" avec les personnes bloquées, a expliqué samedi 30 juin sur franceinfo le lieutenant-colonel Philippe Besson, président fondateur des pompiers de l’Urgence internationale. Il a également précisé que les principales difficultés sont "l'eau qui remplit les cavités" et "l'épuisement" des victimes.

franceinfo : Quelle est la priorité dans l'opération de sauvetage ?

Philippe Besson La priorité est d’établir le contact, soit par l’équipe de plongeurs qui essaie d’accéder à la cavité, soit par le puits qui a été creusé. Je pense que c’est une bonne idée de pouvoir accéder soit par l’extérieur par le haut, soit par la cavité, sachant qu’il faut des spécialités très particulières, notamment de plongeurs qui sont spécialistes en spéléologie pour pouvoir accéder à la cavité.

Est-ce que ce sont des situations comparables à celles des tremblements de terre quand des gens sont enfouis sous les décombres ?

On peut dire que c’est comparable dans la mesure où les personnes sont confinées dans un espace qui peut être assez réduit. Il faut savoir aussi si cet espace est complètement étanche ou pas. Ce qui veut dire que la consommation d’oxygène va être assez importante, le volume d’air disponible pour les victimes va être réduit. Cela signifie qu'il faut agir assez rapidement. De plus, ce sont des personnes assez sportives qui sont bloquées, donc physiquement, elles ont des capacités de résister, mais rester plusieurs jours, sans eau notamment, c’est une situation délicate.

Quelle est la principale difficulté dans ce genre d’opération ?

A la fois l’eau qui remplit les cavités et l’épuisement des personnes qui sont bloquées. L’eau qui remplit les cavités rend inaccessible l’accès à part par des plongeurs spécialistes. L’épuisement va ensuite rapidement intervenir parce que cela fait une semaine maintenant qu’ils sont bloqués. La nourriture est un problème, mais c’est surtout la déshydratation qui peut en être un autre, sans compter l’hypothermie. La température doit être assez basse dans cette cavité. Ils sont rentrés dans la grotte en étant en tenue de sport, donc ça veut dire qu’ils n’ont pas de quoi se protéger, donc ce sont des situations d’urgence vitale. Ce seront des évacuations individuelles par corde qui vont avoir lieu.

Si les secours peuvent faire parvenir aux victimes de quoi s’alimenter, ça peut durer de nombreux jours. On a eu le cas en Haïti, où les victimes bloquées par le tremblement de terre avaient pu survivre 6 à 7 jours après le séisme. Tout dépend de leur intégrité physique et tout dépend si rapidement on peut leur acheminer des vivres et de l’eau.