Perquisitions à Grande-Synthe : ce que l'on sait du Centre Zahra France visé par une opération antiterroriste

Les activités de l'association sont suivies par les enquêteurs en raison d'un soutien marqué par ses dirigeants à des organisations terroristes, comme le Hamas et le Hezbollah.

Une vue extérieure du Centre Zahra à Grande-Synthe, le 2 octobre 2018.
Une vue extérieure du Centre Zahra à Grande-Synthe, le 2 octobre 2018. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

L'opération a mobilisé environ 200 policiers nationaux. Une opération de "prévention du terrorisme" a visé le siège du Centre Zahra France et les domiciles des principaux dirigeants de cette association musulmane, mardi 2 octobre, à Grande-Synthe (Nord). Au total, douze perquisitions ont été menées et trois personnes ont été placées en garde à vue, indique le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Mais quelle est cette association et en quoi consiste-t-elle ?

Une association religieuse fondée en 2009...

Le Centre Zahra France est l'un des principaux centres chiites d'Europe. Il héberge plusieurs associations parmi lesquelles le Parti antisioniste, la Fédération chiite de France ou France Marianne Télé. L'association Centre Zahra France a été fondée en 2009, selon sa page Facebook, et dit vouloir "faire connaître le message de l'islam à travers le regard du prophète et de sa famille". Trois hommes se présentent comme étant à l'origine de l'association, parmi lesquels son président, Yahia Gouasmi.

Selon des textes publiés sur le site internet, le Centre Zahra France, qui dispose d'une "structure d'accueil à caractère social, familial et religieux", participait également à la "publication d'œuvres, à des colloques, des journées d'étude, des tables rondes, des voyages, des manifestations scientifiques, pédagogiques, religieuses et gnostiques" ainsi qu'à "la réalisation de films à grand public". L'association compte plus de 8 500 abonnés sur Facebook et sur YouTube.

... et soupçonnée de soutien à des organisations terroristes

Le Centre Zahra France est soupçonné par les autorités françaises de faire l'apologie de mouvements terroristes comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais, des organisations soutenues par l'Iran, selon une source proche du dossier. Les activités de l'association sont "particulièrement suivies en raison du soutien marqué par ses dirigeants à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République", indique la préfecture du Nord dans un communiqué.

En 2009, L'Express écrivait qu'une quarantaine de militants du Centre Zahra France et du Parti antisioniste avaient rejoint des manifestations propalestiniennes, à Paris, avec des drapeaux du Hezbollah et des drapeaux israéliens marqués de croix gammées. Toujours selon l'hebdomadaire, l'association a aussi accueilli un an plus tôt Kémi Séba, un homme condamné pour incitation à la haine raciale.

Par ailleurs, Yahia Gouasmi, qui dirige le Centre Zahra France, préside également le Parti antisioniste (PAS), proche de Dieudonné. Selon le site du mouvement, le président de l'association avait ainsi accompagné le polémiste en Iran en 2009 et les deux hommes avaient même été reçus par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Les vidéos de Yahia Gouasmi soulignent une obsession pour l'antisionisme. "Le mois de ramadan fera disparaître Israël", promet-il notamment, avant d'envisager le "programme de la disparition d'Israël".

Une association à la "réputation un peu louche"

Contactée par franceinfo, la mairie de Grande-Synthe assure que "le Centre Zahra France ne participait pas aux activités de la ville et n'avait aucun lien avec les associations qui travaillent avec les migrants""Nous n'avions aucun contact particulier avec l'association", explique-t-on encore à la mairie, tout en évoquant des "gens très discrets".

"Il n'y a jamais eu d'histoires avec eux même si on savait que ce centre avait une réputation un peu louche", ajoute une source policière à franceinfo. "C'est une communauté très fermée, on ne sait pas trop ce qu'il se passe à l'intérieur. Il y a souvent des gardes devant l'entrée", a témoigné auprès de l'AFP une riveraine, sous couvert d'anonymat, affirmant aussi que l'association possède "des commerces en centre-ville".