Mali : l'armée française, accusée de frappes aériennes sur un mariage, affirme avoir visé un regroupement de jihadistes

Que s'est-il passé dimanche 3 janvier près de Douentza, dans le centre du Mali ? Entre 6 et 20 personnes, selon les sources, ont été tuées lors d'une opération visant des jihadistes. Les versions diffèrent et s'opposent.

Article rédigé par
Franck Cognard, Olivier Poujade - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Un hélicoptère français de l'opération Barkhane au Mali, le 27 mars 2019. (DAPHNE BENOIT / AFP)

C'est une frappe aérienne qui suscite la controverse. Le dimanche 3 janvier près de Douentza, dans le centre du Mali, l’armée française affirme que ses avions ont tué des dizaines de jihadistes.

Mais des témoignages d'habitants contredisent cette version. Hamadoun Dicko, président d'une association de jeunesse et originaire de la zone touchée, affirme avoir perdu deux de ses proches dans cette frappe. Il explique que, depuis 48h, grâce aux témoignages des habitants de la ville de Douentza, 18 corps ont pu être identifiés. Il affirme que ce ne sont pas des jihadistes qui ont été touchés mais des civils qui assistaient à une cérémonie de mariage. "Les victimes célébraient le mariage de leur enfant" explique-t-il. "Il y a eu deux frappes aériennes simultanées. Certains parlent de missiles."

La zone est contrôlée par des jihadistes. La force Barkhane n'y est pas présente. "Tout le monde a peur", témoigne Hamadoun Dicko. Selon lui, si ce n'est pas les militaires français, "c'est l'armée malienne", car "ce sont les seuls censés avoir des avions."

L'armée française ne reconnaît qu'une frappe sur un rassemblement jihadiste

"La frappe est le résultat de plusieurs jours de travail de renseignement et d'observation" explique l'état-major français. L'objectif était clairement un regroupement jihadiste dimanche après-midi. Une patrouille de deux Mirage 2000 a survolé ce village de la région de Douentza et l'un d'eux a frappé une fois. Un mariage ne correspond pas aux observations, précise encore cette source militaire française.

L'association locale qui a en premier porté ces accusations contre Barkhane maintient qu'il s'agissait d'un mariage, que les tués sont des civils et qu'il y a des enfants parmi eux. "Barkhane peut expliquer ce qu'elle a fait, pas ce qu'elle n'a pas fait" répond l'état-major des armées.

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