"Enseigner les premiers secours à tous les élèves de troisième est très positif, même une simple sensibilisation est utile"

A partir de la rentrée, les élèves de troisième seront formés aux gestes qui sauvent, selon les ministères de l'Intérieur et de l'Education. Cédric Longatte, responsable de la Protection civile à Paris, réagit pour francetv info à cette annonce.

Une formation aux premiers secours dans un lycée à Arras (Nord), le 27 février 2016.
Une formation aux premiers secours dans un lycée à Arras (Nord), le 27 février 2016. (BONNIERE PASCAL / MAXPPP)

Dans le contexte de la menace terroriste, les collèges et lycées sont devenus des cibles possibles, et la vigilance peut s'apprendre dès le plus jeune âge. Dans une circulaire adressée aux préfets et aux recteurs d'académie, vendredi 29 juillet, les ministères de l'Education et de l'Intérieur annoncent un certain nombre de mesures destinées à renforcer la sécurité des établissements.

Le texte prévoit notamment "une sensibilisation aux gestes qui sauvent" pour tous les élèves de troisième et une formation des délégués de classe au PSC1, le premier diplôme de premiers secours. Une mesure dont l'application sera détaillée le 24 août et qui doit permettre de rattraper un certain retard français dans la connaissance des gestes de premiers secours. Mais est-elle suffisante ? Francetv info a interrogé Cédric Longatte, secrétaire général de la Protection civile de Paris.

Francetv info : Elargir la formation aux premiers secours de cette façon, est-ce une bonne chose à vos yeux ?

Cédric Longatte : C'est bien sûr très positif. En tant qu'association habilitée à délivrer ce type de formations, on ne peut que s'en réjouir. Il y a déjà des formations dans les établissements scolaires, mais ça se fait souvent très localement, à l'initiative des chefs d'établissement ou des collectivités locales. Là, ça va être plus institutionnalisé et généralisé.

Mais faut-il attendre la troisième pour prodiguer cet enseignement ? Les autres collégiens sont-ils trop jeunes ?

Je n'ai pas tous les éléments pour comprendre pourquoi l'Education nationale a fait ce choix. Mais l'enseignement pourrait se faire plus tôt, comme le font d'autre pays européens. La norme du PSC1 – la plus courte des formations qui soient validées par un certificat de compétence – le définit comme un diplôme accessible dès l'âge de 10 ans [l'âge d'un élève de CM2]. Plus l'enseignement se fait tôt, plus les acquis sont consolidés au fil de la vie. Même une simple sensibilisation est utile : dans l’actualité, on voit souvent des exemples d'enfant ayant eu ce type de formations et qui prennent de bonnes décisions, comme celle d'appeler les secours, qui est à la base de l'enseignement.

Que devrait contenir la "sensibilisation aux gestes qui sauvent" délivrée aux élèves ?

Dans les initiations aux premiers secours, on apprend, typiquement, les gestes à avoir face à une hémorragie, comment faire un bouche-à-bouche, mettre quelqu'un en position latérale de sécurité... C'est vraiment les grandes lignes. Mais on pourra s'adapter à tout ce que nous demandera l'Education nationale. De même, l'initiation prend typiquement entre 2 et 4 heures, mais on peut faire plus vite en ciblant quelques domaines particuliers.

Est-ce suffisant, ou faudrait-il obliger tout le monde à passer le PSC1, comme le feront les délégués ?

L'idéal, et le plus logique, serait que tous les élèves soient formés au PSC1. C'est une formation de 7 heures, qui est destinée au grand public et accessible dès l'âge de 10 ans. Mais c'est déjà très bien que les élèves aient tous accès à cette formation de base.

Constatez-vous un intérêt croissant pour les formations aux premiers secours depuis les attentats ?

Oui, on avait déjà beaucoup de monde, mais la demande a vraiment augmenté. Sur toute l'année 2015, la Protection civile avait organisé 530 sessions de formation, avec jusqu'à dix personnes. Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2016, nous en avons déjà organisé 435.