DOCUMENT FRANCE 2. L'émouvant témoignage d'un père qui a retrouvé ses deux filles, rentrées de Syrie avec leur mère radicalisée

Maryam et Noussayba ont été emmenées par leur mère au cœur du territoire contrôlé par le groupe Etat islamique. Aujourd'hui, auprès de leur père, elles incarnent le difficile retour en France des enfants de jihadistes. 

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Elles s'appellent Maryam et Noussayba. A 4 et 6 ans, ces deux sœurs se sont retrouvées malgré elles en Syrie, au cœur même du groupe Etat islamique. Elles ont quitté la France avec leur mère radicalisée, qui souhaitait rejoindre les jihadistes. Sur des photos prises à ce moment-là, on les voit avec leurs visages infantiles, pointer l'index tendu vers le ciel, le signe de ralliement de Daech. 

Parties à l'été 2014, ces deux petites Françaises sont rentrées en décembre 2016 à Lyon, où elles ont pu retrouver leur père, Abdelhakim Labriak. La mère, revenue avec elles, est aujourd’hui incarcérée à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Ses deux filles, Abdelhakim Labriak les a retrouvées dans une salle impersonnelle de l'aéroport de Roissy, en compagnie d'Imran, le fils que son ex-femme a eu avec le combattant islamiste avec lequel elle est partie en Syrie en 2014. Un petit garçon dont il n'a aujourd'hui plus de nouvelle.

Devant la caméra de France 2, Abdelhakim Labriak raconte comment il tente, avec le temps, de regagner la confiance de Maryam et Noussayba, qui parlent parfois de "héros" pour évoquer Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef auto-proclamé de Daech... "Quand elles reviennent, elles ont d'abord de la méfiance. Parce que ce qu'on leur a mis dans le crâne, c'est 'méfiez-vous de papa, c'est un menteur'", raconte Abdelhakim Labriak. Ce père témoigne aussi de la peur qui se manifeste encore chez Noussayba et Maryam, elles qui pendant deux ans ont été régulièrement confrontées aux bombardements de la coalition. 

Une soixantaine de retours depuis la fin 2016

Maryam et Noussayba sont aujourd'hui suivies par un psychologue. Qu'en est-il pour les autres enfants de Daech ? Depuis la fin 2016, une soixantaine d’entre eux sont revenus en France. Des dossiers gérés pour neuf cas sur dix par la procureure de la République de Bobigny (Seine-Saint-Denis), qui doit à chaque fois choisir entre trois possibilités : les rendre directement au père ou à la mère (si ceux-ci ne sont pas radicalisés), les mettre provisoirement en famille d'accueil, ou, plus rarement, les placer en foyer collectif.

Abdelhakim Labriak, lui, fait partie des rares parents qui ont pu récupérer leurs enfants rentrés de Syrie. Il sait que l’histoire de sa famille restera marquée par Daech. "Elles ont vu des choses qui ne peuvent pas être oubliées, témoigne-t-il.

Elles n'adhèrent pas à l'idéologie de Daech, à leur pensée. Mes filles sont incapables de reproduire ce que certains ont fait là-bas. Elles en sont incapables car l'éducation fait qu'on leur enseigne le respect des uns et des autres, peu importe les religions.

Abdelhakim Labriak

à France 2

Ce père cherche maintenant à rattraper les deux ans perdus avec Maryam et Noussayba. Les deux ans qu'elles ont passés au cœur du groupe Etat islamique.

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Abdelhakim Labriak et ses deux filles rentrées de Syrie en décembre 2016, après y avoir été emmenées depuis la France par leur mère radicalisée à l\'été 2014.
Abdelhakim Labriak et ses deux filles rentrées de Syrie en décembre 2016, après y avoir été emmenées depuis la France par leur mère radicalisée à l'été 2014. (FRANCE 2)