Apologie du terrorisme : une mère d'élève condamnée à trois mois de prison avec sursis

A l'audience, cette femme, au casier judiciaire vierge, a assuré "ne pas se souvenir" avoir prononcé de phrase menaçante envers les professeurs, évoquant "une crise de panique délirante" au moment des faits.

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France Télévisions
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Le tribunal correctionnel de Versailles, le 26 novembre 2008. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

"Je comprends pourquoi on les tue." Le tribunal correctionnel de Versailles a condamné jeudi 17 décembre une mère de famille à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour cette phrase, prononcée contre les professeurs et faisant l'apologie du terrorisme, tenue deux semaines après l'attentat contre Samuel Paty. A l'audience, cette femme de 48 ans, au casier judiciaire vierge, a assuré "ne pas se souvenir" avoir prononcé de tels mots.

Elle avait été convoquée le 3 novembre par le collège de son fils à Guyancourt (Yvelines), selon elle sans savoir pourquoi. Pour la direction de l'établissement, les raisons de sa convocation étaient pourtant claires : son fils de 13 ans avait écrit sur une boulette de papier "pour combien tu tues monsieur ?", en désignant son professeur d'histoire-géographie. 

"Crise de panique délirante"

Selon le collège, la mère de l'adolescent s'était emportée lors de son arrivée au collège, et avait lancé : "C'est quoi ce collège ?! Je comprends pourquoi on les tue", en parlant des professeurs. Pour sa part, elle affirme avoir dit : "Je comprends que les parents pètent les plombs", "très énervée" contre son fils. "Quand j'ai été appelée, ca m'a beaucoup énervée, a-t-elle expliqué, tremblante, au tribunal. Quand je suis arrivée au collège, j'ai eu une crise de panique délirante quand je l'ai vu."

Elle a aussi fait part au tribunal de sa santé mentale fragile, enchaînant les dépressions tout en élevant seule ses trois enfants. "Il est tout à fait possible qu'elle ne se souvienne pas des propos qu'elle a tenus, car elle était dans un état second", a reconnu la procureure.

"Mais même si elle n'est pas intimement convaincue de ce qu'elle a dit (...), elle a dit cette phrase, et cela participe d'une banalisation extrêmement dangereuse dans notre société", a-t-elle déclaré, requérant 3 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire de 18 mois et obligation de soins.

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