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Syrie : des diplomates américains réclament des frappes contre le régime d’Assad

Coup de grisou dans la politique étrangère de Barack Obama. Une cinquantaine de diplomates américains réclament des frappes militaires contre le régime de Bachar al-Assad. Le département d’Etat a reconnu l’existence d’un document dissident sur la Syrie sans en dévoiler ni commenter la teneur. Selon la presse américaine, le texte prône «un recours judicieux» à des frappes de missiles ou de drones.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
Temps de lecture : 2 min.
A six mois de la fin de son mandat, une cinquantaine de diplomates américains sont entrés en dissidence en lançant un véritable défi à Barack Obama.
 
Un «recours judicieux» aux missiles et aux drones contre le régime d'Assad
Dans un télégramme diplomatique collectif, ils réclament que les Etats-Unis frappent militairement le régime syrien pour tenter d’arrêter les violations chroniques du cessez-le-feu. Le département d’Etat a confirmé l’existence d’un tel document sans en dévoiler ni commenter le contenu.
 
Toutefois selon le New York Times, qui dit avoir eu accès à un document provisoire, le mémorandum en question demande explicitement des frappes militaires contre le pouvoir à Damas. Il plaide même pour «un recours judicieux» à des frappes de missiles ou de drones.
 
Résonnant comme une critique en règle de la politique non interventionniste menée par Obama depuis cinq ans, le texte juge «évidente et incontestable la logique morale à agir pour mettre fin aux tueries et aux souffrances en Syrie».
 
Pour les auteurs du mémo, «le statu quo en Syrie continuera de provoquer des situations de plus en plus catastrophiques en matière humanitaire, diplomatique et de terrorisme».
 
La Maison Blanche toujours réticente à une implication plus poussée en Syrie
Elu en 2008, entre autre, sur la base d’un engagement à retirer les troupes américaines d’Afghanistan et d’Irak, l’homme qui a fait deux mandats à la Maison Blanche a toujours freiné toute implication sur un nouveau terrain. Y compris en 2013, après l’usage d’armes chimiques par l’armée syrienne contre des civils.
 
Selon l’agence Reuters, un diplomate qui a lu le télégramme sans le signer estime que la Maison Blanche reste opposée à une implication plus poussée que les seules frappes contre l’organisation de l’Etat islamique en Syrie.
 
En visite à Copenhague, le secrétaire d’Etat John Kerry a estimé pour sa part qu’il s’agissait d’«un document important». «Je respecte très fermement la démarche. J’aurai l’occasion de rencontrer les auteurs à mon retour», a-t-il ajouté sans plus de commentaire.

Une tentative de ranimer le «Plan B» de John Kerry
Même s’il existe officiellement depuis des années, ce «canal dissident qui permet aux employés du département d’Etat d’exprimer des vues différentes et des alternatives » sur des sujets diplomatiques, c’est la première fois qu’une telle critique du non-interventionnisme américain en Syrie se manifeste.
 
Toutefois, le secrétaire d’Etat avait laissé entendre en février 2016 qu’il aurait aimé en faire plus. Il avait même évoqué un mystérieux «plan B» pour la Syrie, en cas d’échec du processus diplomatique mis sur pied avec Moscou pour parvenir à une solution politique.

Vaine fronde ou piqûre de rappel? Au vu de l'état moribond des pourparlers de Genève, le télégramme diplomatique des dissidents résonne également comme une tentative de ranimer ce fameux plan B.
 
 

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