Syrie : Daech, Assad, l'Occident et la solution Poutine

Le président russe Vladmir Poutine ne cache plus son ambition : aller affronter Daech au sol en Syrie. Il appelle à une coalition internationale, qui semble trouver peu d’écho. Dans son barda, plusieurs scénarios. Tout semble se précipiter, des journalistes sont priés de se tenir prêts, caméra au pied.

Manifestation de soutien à Vladimir Poutine à Lattaquié (Syrie) en 2013.
Manifestation de soutien à Vladimir Poutine à Lattaquié (Syrie) en 2013. (ANDREY STENIN / RIA NOVOSTI/AFP)

Occasion manquée. L’ancien président finlandais, Martti Ahtisaari, parle d’opportunité ratée. En 2012, Vladimir Poutine aurait proposé un plan de paix, excluant Bachar al-Assad du pouvoir, qui a été refusé par les Occidentaux. C’est l’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, qui avait fait part du plan en trois points, le 22 février 2012, à l'ancien chef d'Etat finlandais : «Ne pas armer les rebelles, organiser des pourparlers entre le régime et l’opposition et permettre à Bachar al-Assad de se retirer élégamment à l’issue des négociations.» Pour Martti Ahtisaari, la proposition a été rejetée par les émissaires occidentaux, croyant que le régime allait s’écrouler très vite. Trois ans plus tard, il est toujours là.


Dans un entretien accordé ce mercredi 16 septembre 2015 à la presse russe, Bachar al-Assad exclut de quitter le pouvoir. «Le président arrive au pouvoir par la volonté du peuple lors d'élections, et s'il part, il part parce que le peuple le demande, pas par la volonté des Etats-Unis, du Conseil de sécurité de l'ONU, de la Conférence de Genève ou du Communiqué de Genève (le texte signé par les puissances mondiales appelant à une transition en Syrie)».
 
Le président syrien n’a peut-être plus son avenir entre ses mains. Présence de soldats et de matériel russe sur le terrain, consultations tous azimuts, des journalistes caméras au pied, l’agenda semble s’accélérer. Vladimir Poutine envoie tous les signes d’un engagement imminent contre l’organisation Etat islamique. Il reçoit à Moscou des délégations d’opposition syrienne, se dit prêt à rencontrer Obama et travaille ses alliés au corps. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se rendra la semaine prochaine en Russie pour souligner «la menace que représentent pour Israël l'envoi d'armes perfectionnées sur le théâtre syrien et le transfert d'armes létales au Hezbollah et à d'autres groupes terroristes».
 
L’heure n’est plus à la nuance. Le Kremlin assume la présence de ses forces militaires en Syrie et parle même de leur renforcement. Tout comme il assume continuer à soutenir militairement le régime de Bachar al-Assad. Pour Poutine, il n’y a pas de solution politique et/ou militaire sans le régime syrien… pour l’instant. Et c’est sur point que les pays occidentaux divergent avec Poutine. Pour eux, Bachar al-Assad « ne pourra jamais être un membre crédible», selon la formule du secrétaire d’Etat américain John Kerry. Même son de cloche à Paris.


Ira ira pas ? Pocker menteur ? Le quotidien Le Monde affirme que des journalistes de la chaîne Rossia1 ont été prévenus par le Kremlin qu’ils devraient se préparer au départ avec l’armée «sans visa nécessaire», vers une destination inconnue… Indice : ce n’est pas l’Ukraine.