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Les différents mouvements d'opposition au régime syrien

L'opposition à Bachar al-Assad est composée de divers mouvements politiques -la plupart à l'extérieur du pays-, et de quelques personnalités. A l'intérieur, l'Armée de libération syrienne (ALS) est la première force à combattre l'armée du régime dictatorial.
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Bassma Kodmani, porte-parole du Conseil national Syrien, au Caire, le 26 avril 2012. (AFP/KHALED DESOUKI)

La mission des observateurs de l'ONU en Syrie, qui piétine, n'empêche pas les bombardements sur les villes et l'heure, semble être à une tentative de faire passer une résolution préconisant l'usage de la force pour faire cesser les massacres.

Tour d'horizon des divers mouvements d'opposition syrienne:  

Créé le 27 juin 2011, le comité de coordination nationale (CNCD) syrienne pour le changement démocratique est dirigé par Haytham al-Manna. Il regroupe 14 partis de l’opposition politique traditionnelle. Ce mouvement, basé à Damas avec des représentations à l’étranger, a accepté de dialoguer avec le régime, souhaitant des réformes et non un changement radical.

Les autorités syriennes l'ont reconnu comme seule opposition légitime. Opposant de l’intérieur, ce mouvement ne paraît pas être en phase avec les manifestants.

Depuis sa création en septembre 2011, le Conseil national syrien (CNS) est dirigé par Burhan Ghalioun, un universitaire qui vit à Paris. C’est une coalition de 300 membres -qui a grossie depuis ses débuts- basés à l’étranger, comprenant les plus importants partis de l’opposition. Il regroupe des islamistes, dont les Frères musulmans, des nationalistes et des libéraux. Les Kurdes ont refusé d’en faire partie.

Restructuration annoncée du CNS
Son but est de dessiner un projet politique pour l’après-Assad. Il prévoit la formation d’une assemblée constituante un an après des élections. L’option militaire en Syrie n’est pas écartée. La communauté internationale a incité le Conseil national syrien à montrer un front uni et à prôner la laïcité, les droits de l’Homme et le respect des minorités.
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Indiquant être au service des gens qui «risquent leur vie pour faire tomber le régime»,  Burhan Ghalioum a déclaré que le CNS allait être restructuré pour que son discours soit plus lisible. 

Le 1er avril 2012, les Amis de la Syrie - instance formée par plusieurs Etats, dont la France, la Turquie, le Maroc, le Canada, les Etats-Unis…- ont reconnu le CNS comme «représentant légitime de la Syrie».

 

L'opposition en exil dénonce le plan Annan pour la Syrie

Euronews, le 10 avril 2012

 

Une opposition multiforme
La confrérie des Frères Musulmans a été victime d’un massacre perpétré par le régime à Hama (1982) où quelque 20.000 personnes furent tuées. Le leader des Frères Musulmans syriens, Ali Sadr al-Din al-Bayanouni, est réfugié politique à Londres. Le mouvement souhaite une démocratie multipartite. Il a récemment déclaré vouloir un Etat civil où régnerait l’égalité entre hommes et femmes. Il accepterait une intervention turque sur le territoire syrien. La confrérie fait partie du CNS.

Les Comités de coordination locaux (CCL) sont une fédération du mouvement de contestation à l’intérieur, dans les quartiers et les villes. Ils sont composés de jeunes sans passé militant qui communiquent par les réseaux sociaux. Ils ont notamment mis au point un système pour soigner les militants blessés hors des hôpitaux, surveillés par les hommes du régime. Ils ont rejoint en septembre 2011, le Conseil national syrien.

L’Armée syrienne libre (ASL) est la principale force armée opposée au régime de Bachar al-Assad. Elle a été créée en juin 2011 par un lieutenant-colonel déserteur, Hussein Harmoush, réfugié en Turquie avec 150 soldats. D’autres combattants ayant fui l’armée syrienne se sont ensuite agrégés à elle.

L’ASL n’a pas de commandement unifié, pas de communications, ni d’armement lourd. Elle ne disposerait que de quelques milliers d'hommes, auxquels s'ajoutent les commandants locaux s'y référant. Elle a pour objectif de faire grossir la résistance intérieure pour saper les bases du régime.

Les opposants individuels
Quelques personnalités telles Michel Kilo ou Ryad Seif, qui avaient créé en 2000 un Forum du dialogue national avec des intellectuels et des personnalités syriennes, ont toujours des velléités réformistes qui, avant le conflit, leur ont valu de la prison.

Riad Seif, industriel local qui a signé en 2005 la Déclaration de Damas pour le changement national démocratique pacifique en Syrie, pourrait être une personnalité d’avenir en cas de chute du régime.

L’opposant le plus connu est Michel Kilo, militant de gauche ayant goûté aux geôles syriennes. Il a créé le 15 avril 2012 au Caire Le Forum Démocratique mêlant des activistes de vieille date et des jeunes des comités de coordination de la révolte. Il participe au Conseil national syrien. Ses idées : opposition à la militarisation du mouvement et combat pour la démocratie avec la conviction que le parti Baas au pouvoir pourra jouer un rôle dans le processus après le départ de Bachar al-Assad.

Fin avril, Nofal  Dawalibi, un homme d'affaires syrien, vivant en Arabie saoudite, a annoncé la création d'"un gouvernement de  transition" pour "armer les combattants, œuvrer à une "intervention militaire  internationale directe" et assurer "le retour de la sécurité et la stabilité en  Syrie".

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