Le travail des experts de l'ONU en Syrie

Les experts de l'ONU cherchaient ces jours-ci des preuves de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Alors que la pression internationale se fait de plus en plus forte sur le régime de Damas, leurs résultats sont particulièrement attendus.

(MOHAMED ABDULLAH / SHAAM NEWS NETWORK / AFP)
Ils négociaient depuis quatre mois. Les experts de l’ONU ont été autorisé par Damas pour enquêter sur l'utilisation d'armes chimiques lors du conflit qui ravage le pays depuis deux ans déjà.

Leurs recherches portent sur l'usage du gaz sarin dans le pays, une substance incolore, inodore et volatile très toxique pour l’homme. 500 fois plus dangereux que le cyanure, il est considéré par les Nations Unies comme une arme de destruction massive depuis la résolution 687 adoptée par le Conseil de sécurité en 1991.
 
En avril 2013, deux journalistes du Monde avaient rapporté des échantillons de vêtements et de cheveux prélevés à Jobar, dans la banlieue de Damas. Après analyses, ces échantillons confirment la présence de gaz sarin en Syrie. Il appartient désormais aux experts de l’ONU de mener les recherches.

Un travail méticuleux et des résultats très attendus
Dépêchés par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et l’Organisation mondiale de la santé, les experts envoyés en Syrie sont des scientifiques et des médecins appartenant à ces deux institutions. Le Suédois Aake Sellstrom, un neurobiologiste de 65 ans, dirige ce groupe d’experts.

La mission de ces experts : chercher les preuves de l’utilisation d’armes chimiques dans le pays. Pour cela, ils collectent des échantillons d’objets, de vêtements mais aussi des cheveux et du sang sur les sites susceptibles d’avoir été touchés par de telles attaques. Ils recueillent également des témoignages de survivants, surtout dans les hôpitaux.


 
Les échantillons ainsi obtenus seront ensuite transmis à des laboratoires en Europe, notamment à La Haye, au Pays Bas. Selon Farhan Haq, un porte-parole de l’ONU à New York, les analyses pourraient prendre des semaines. Mais dès samedi, à leur retour, les experts feront un compte-rendu oral de leur mission au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

Alors que les menaces des Occidentaux sur une éventuelle action militaire se font de plus en plus pressantes, les résultats des recherches des experts sont très attendus. Barack Obama avait en effet, en août 2012, qualifié l'utilisation d'armes chimiques en Syrie de «ligne rouge».
 
Toutefois, il n’est pas question ici pour les experts de déterminer l’auteur d’une éventuelle attaque au gaz. Leur mission, aujourd'hui terminée, est de dire si des armes chimiques ont été utilisées, pas de dire qui les a utilisées.