Cet article date de plus de cinq ans.

Syrie : "La vie est tragique" à Madaya, ville assiégée

La situation humanitaire est dramatique dans cette ville près de la frontière libanaise, qui souffre du siège imposé par le régime syrien. Une habitante témoigne du manque de nourriture.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
 (A Madaya, comme à Zabadani, ici le 28 décembre 2015, les habitants attendent l'aide humanitaire © SIPA)

Depuis juillet 2015, Madaya, une petite ville rebelle au nord-ouest de Damas, est assiégée par les forces loyalistes de Bachar al-Assad et par des milices du Hezbollah libanais. 46.000 personnes dont 20.000 civils se trouveraient dans une situation humanitaire catastrophique. Madaya n'a reçu de l'aide qu'une seule fois en trois mois, Omar Ouahmane, correspondant de France Info à Beyrouth, a recueilli le témoignage inquiétant d’une habitante.

Soumis à un siège impitoyable, les habitants de Madaya sont en proie à une terrible famine. Une mère de famille de trois enfants témoigne de cette situation insupportable, par le biais de la messagerie Whatsapp. "La vie ici est une tragédie, cela fait cinq mois que l’on n’a pas vu un morceau de pain" dit-elle ajoutant qu’elle a vu "des gens tomber dans la rue, incapables de se relever car ils étaient à bout de force" .

Les prix des aliments de base ont flambé à Madaya. "Avant le début du siège, le kilo de riz coutait environ dix euros. Aujourd’hui, le prix peut aller jusqu’à 150 euros pour un kilo de riz ou de sucre" explique cette habitante.

Poussée par la faim et une grande partie de la population se nourrit à présent de feuilles d’arbres ou d’herbe bouillie.

"Comme tout le monde nous mangeons des feuilles d’arbres qui causent des chutes de tension (...) Il y a des gens qui en sont à manger des chats. Nous sommes en train de mourir".

A ce jour, au moins dix personnes seraient mortes de faim à Madaya. Selon les associations humanitaires, le bilan pourrait rapidement s’alourdir. Elles attendent le feu vert du régime de Damas pour entrer dans la ville et distribuer de l’aide.

A LIRE AUSSI ►►►Syrie : "Une situation humanitaire catastrophique pour le 5e hiver"

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Monde

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.