VIDÉO. Sommet du G7 à Biarritz : "Un fléau", pour certains commerçants de la station balnéaire

À quelques jours du début du G7, la ville de Biarritz se prépare à accueillir les plus grands dirigeants du monde, les touristes font leurs bagages et les commerçants s'inquiètent déjà du manque à gagner.

"Qu'on me laisse sortir mes chiennes", s'agace Danièle, concierge "biarrote à 100%", qui souhaite "être tranquille et que ce soit vite fini", alors que la ville de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) va vivre sous cloche du 24 au 26 août, pendant le sommet du G7. L'aéroport et les gares de Biarritz et Bayonne seront fermés pendant trois jours, plusieurs quartiers seront partiellement ou entièrement bouclés selon qu'ils sont classés en zone rouge ou bleue.

Badge obligatoire pour accéder à la zone rouge

Dans la zone rouge, où les dirigeants du monde seront reçus et où les discussions se tiendront, seules les personnes, habitants et travailleurs, munies d'un badge remis par les autorités seront acceptées. Au cœur de cette zone qui s'étend du rocher de la vierge au phare du cap Saint-Martin, sur la grande plage de Biarritz, il sera impossible d'aller nager, faire du surf, pêcher ou faire de la plongée le week-end prochain.

Six jours avant le début du G7, des véhicules militaires et de police sont déjà garés à côté de la promenade. Des hommes en treillis, armés, veillent. "On n'a jamais vu Biarritz comme ça", confie ce touriste parisien, propriétaire d'une maison secondaire au Pays Basque depuis 25 ans, "Nous devions profiter de Biarritz jusqu'à la fin du mois, mais nous partirons samedi."

Nous allons écourter nos vacances, on nous chasse

un touriste parisien

à franceinfo

La circulation et le stationnement seront interdits dans cette zone, pendant le G7. Un glacier ambulant explique qu'il va devoir "bouger la caravane le mercredi 21" et ne travaillera plus à partir de cette date. Ce saisonnier de 22 ans va perdre un tiers de son salaire mensuel. Paul explique ne pas comprendre pourquoi ce sommet a lieu dans une ville prisée des touristes, en plein mois d'août. "C'est un fléau" pour une station qui ne vit "que trois mois dans l'année".

Pas d'indemnisation de l'État pour les commerçants

Le bar de la plage, lui, restera ouvert "pour l'image de la ville", mais sa propriétaire pense perdre "au minimum" 80 000 euros de chiffre d'affaires. "L'État ne veut pas nous indemniser", se désole Capucine Maury-Laribière, assurant avoir reçu au début du mois d'août un mail de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) sur lequel est écrit qu'"il n'est pas prévu que l'État prenne à sa charge une quelconque indemnisation".

"La mairie a parlé de dossiers qu'elle envisagerait d'étudier, je pense faire partie de ces dossiers", poursuit Capucine Maury-Laribière, en montrant la barrière installée devant son commerce, en plus de "tout un tas de dispositifs de sécurité gigantesques". "Je serai totalement inaccessible" pour les clients, se désole-t-elle.

Beaucoup de clients sont déjà partis

La propriétaire du bar de la plage

à franceinfo

À Biarritz, il y a ceux qui râlent à cause du G7, et il y a ceux qui râlent parce que les autres râlent. "Ça me saoûle d'entendre tout le temps parler du G7, on croirait que c'est la fin du monde. C'est très bien pour Biarritz, ça va faire un coup de pub extraordinaire", se réjouit une habitante de la zone bleue.

La grande plage de Biarritz, le 18 août 2019.
La grande plage de Biarritz, le 18 août 2019. (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)