Amazonie, vin français, violences policières... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron au "20 heures" de France 2

Le chef de l'Etat est revenu sur les avancées obtenues selon lui lors du G7, jugeant ce sommet "utile".

Anne-Sophie Lapix et Emmanuel Macron, le 26 août 2018 sur le plateau du \"20 heures\" de France 2, délocalisé à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).
Anne-Sophie Lapix et Emmanuel Macron, le 26 août 2018 sur le plateau du "20 heures" de France 2, délocalisé à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). (FRANCE 2)

"Pendant ces deux jours nous n'avons pas tout réussi mais nous avons fait œuvre utile pour la France, l'Europe et l'international." Invité pendant près de 40 minutes du "20 heures" de France 2, lundi 26 août, Emmanuel Macron a assuré le service après-vente du sommet du G7, réuni tout le week-end dans la cité basque. Le chef de l'Etat en a profité pour revenir sur les diverses avancées obtenues selon lui lors de ce sommet, mais aussi pour se projeter sur les sujets qui marqueront la rentrée politique avec notamment l'explosive réforme des retraites. Voici ce qu'il faut retenir de son intervention.

Un G7 jugé "utile" par le chef de l'Etat

Tirant le bilan du G7, Emmanuel Macron a d'abord tenté de démontrer que ce sommet avait été "utile". Il est notamment revenu sur l'invitation surprise du ministre des Affaires étrangères iranien, qui a abouti à une désescalade verbale entre l'Iran et les Etats-Unis. "Ce n'était pas un coup de poker, c'était le rôle de la France de faire une médiation", a-t-il expliqué. "Comme le disait le général de Gaulle, la diplomatie c'est faire tenir ensemble des vitres brisées", a-t-il souligné.

Le président français s'est félicité d'avoir pu tenir des "discussions ouvertes" avec les autres dirigeants. "On a parlé de tout avec beaucoup de liberté", a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat a ensuite énuméré ses motifs de satisfaction : les avancées sur l'Iran, sur la Libye, mais aussi sur le commerce.

Un ton optimiste sur le vin français

Quid du vin français, menacé d'être taxé par Donald Trump en représailles à la taxe sur les Gafa voulue par la France ? Emmanuel Macron a rappelé qu'un accord avait été conclu avec les Etats-Unis, lors de ce G7, pour aboutir à une réforme de la fiscalité internationale. Interrogé sur les propos ambigus de Donald Trump, qui n'a pas affirmé qu'il ne taxerait pas le vin français, Emmanuel Macron s'est voulu rassurant. "On a pacifié les choses, je pense que ce n'est plus à l'ordre du jour", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne fallait pas "céder à toutes les menaces".

De nouvelles piques contre Bolsonaro

Emmanuel Macron est revenu, brièvement mais fermement, sur la violente passe d'armes qu'il échange depuis quelques jours avec son homologue brésilien, Jair Bolsonaro. "Jamais je n'ai tenu un propos irrespectueux, il n'en est pas de même pour M. Bolosonaro", a-t-il lancé à l'égard de celui qui s'est moqué, sur les réseaux sociaux, de Brigitte Macron. "L'attitude qu'il a eue n'est pas digne d'un président. Ferais-je cela, les Français auraient légitimement honte", a poursuivi Emmanuel Macron.

Une "part de complicité" sur la situation en Amazonie

"Jair Bolsonaro a soutenu des projets économiques contraires à la forêt", a lancé Emmanuel Macron, avant qu'Anne-Sophie Lapix ne lui fasse remarquer que la France importait du soja du Brésil, une culture précisément accusée de provoquer la déforestation en Amazonie. "Sur le soja, on a une part de complicité", a reconnu le président. Mais pour lui, cet état de fait tient à des choix réalisés "dans les années 60" : "On a accepté une dépendance en termes de protéines", a-t-il regretté, souhaitant désormais "recréer la souveraineté protéinique de l'Europe".

Une "réflexion profonde" sur le maintien de l'ordre

Appelé à préciser des propos tenus récemment devant des journalistes sur les méthodes d'intervention de la police, Emmanuel Macron a promis "une réflexion profonde sur la manière de s'organiser", afin que le "calme revienne" et d'"éradiquer la grande violence", observée notamment lors du mouvement des "gilets jaunes". Il a néanmoins affirmé que "ce qui a été inacceptable avant tout c'est la violence des manifestants, des black blocs".

"Rien n'est décidé" sur la réforme des retraites

Interrogé sur la réforme des retraites à venir, le chef de l'Etat a assuré que rien n'était décidé. "On va la construire tous ensemble, cette réforme", a-t-il déclaré, en promettant une grande consultation. Il a notamment souligné qu'Edouard Philippe recevrait "dès la semaine prochaine" les partenaires sociaux. Quant au contenu de la réforme, Emmanuel Macron a vanté la recherche d'un "système universel" qui soit "équilibré et juste" lorsqu'il entrera en vigueur "en 2025". A titre personnel, il s'est dit favorable à un accord "sur la durée de cotisation" plutôt que "sur l'âge".

Une indemnisation pour les commerçants de Biarritz

En toute fin d'interview, Emmanuel Macron a tenu à remercier les habitants de Biarritz, dont le centre-ville a été bunkerisé durant le sommet. "On indemnisera les commerçants qui ont eu à subir des pertes importantes", a-t-il promis.