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Si la Turquie a accepté l'aide humanitaire d'Israël et de l'Arménie, elle n'annonce aucune amélioration des relations.

"Nous ne mélangeons jamais les questions humanitaires et les questions politiques" concernant la Turquie et Israël, a déclaré vendredi le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Selçuk Ünal.
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Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. (KHALIL MAZRAAWI / AFP)

"Nous ne mélangeons jamais les questions humanitaires et les questions politiques" concernant la Turquie et Israël, a déclaré vendredi le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Selçuk Ünal.

La position d'Ankara ne change pas concernant ses "attentes fondamentales" de la part d'Israël : des excuses et des compensations pour les neuf activistes turcs tués lors d'un raid israélien contre un ferry turc en route pour Gaza sous blocus israélien, en mai 2010. Cet abordage sanglant a provoqué une profonde crise entre les deux pays, jadis alliés stratégiques. La Turquie a expulsé l'ambassadeur d'Israël et gelé sa coopération militaire avec l'Etat hébreu.

Dans une interview jeudi au journal Zaman, proche du gouvernement islamo-conservateur, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu affirme qu'il ne faut voir dans cette aide aucun signe d'amélioration des relations bilatérales, Ankara s'en tenant à ses "positions de principe".

Israël, qui a notamment envoyé à la Turquie des logements préfabriqués suite au séisme qui a fait 570 morts, a déjà offert son aide à la Turquie à la suite de séismes, notamment en 1999 (20.000 morts dans le nord-ouest), avec l'envoi de matériel médical et de médecins.

Profond différend avec Erevan

En raison du blocus terrestre exercé depuis 1993 par la Turquie sur l' Arménie, c'est par voie aérienne que Erevan enverra 40 tonnes d'assistance humanitaire. Cette région sinistrée turque s'était ouverte il y a environ deux ans aux Arméniens, venus nombreux du monde entier pour communier dans l'église d'Akhdamar, fraîchement restaurée, sur le lac de Van.

La Turquie et l'Arménie avaient signé en 2009 des textes visant à établir des liens diplomatiques et rouvrir leur frontière commune. Mais le processus s'est enlisé dans des accusations mutuelles, avec, en arrière fond, le profond différend qui oppose Ankara à Erevan au sujet du caractère génocidaire des massacres d'Arméniens perpétrés sous l'empire ottoman, qu'Ankara réfute.

"Nous remercions tous les pays pour ces aides. Nous en aurions fait autant s'il se produisait une telle catastrophe chez eux", a souligné Selçuk Ünal, répétant cependant que la politique d'Ankara à l'égard des pays contributeurs resterait la même.

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