Services de renseignements américains: le "budget noir" dévoilé

Pour la première fois, le détail du budget des 16 agences de renseignements américaines a été rendu public. En 2012, les Etats-Unis ont dépensé 55 milliards de dollars, dont près d'un tiers pour la CIA. Le pays emploie plus de 100.000 personnes dans ce domaine, dont 35.000 sont chargées des écoutes mondiales et de la surveillance électronique. Le rapport montre également qu'un pays reste très difficile à espionner : la Corée du Nord.

(Ina Fassbender Reuters)

Depuis les attaques du 11
septembre, le budget du renseignement américain a doublé, soit une facture de 500
milliards de dollars depuis 2001. Ce vendredi, le détail du budget des 16 agences
de renseignement américaines a été rendu public pour la première fois. Il est surnommé le "budget
noir".

Ce "budget noir" a été rendu public suite aux fuites  de l'affaire Snowden et de ses révélations sur le
programme de surveillance Prism. Le 9 août dernier, Barack Obama avait demandé
plus de transparence et avait souhaité la réforme du Patriot Act. 

> Cliquez ici pour
voir le dossier interactif du Washington Post sur la répartition du "budget
noir" (en anglais)

En 2012, le "budget
noir" américain s'élevait à 55 milliards d'euros. Les agences de renseignements les
mieux dotées sont la CIA (14,7 milliards d'euros), la NSA (10,8 milliards) et le NRO, National reconnaissance office (10,3
milliards). Ce budget est prévu à la baisse cette année, le gouvernement ayant
réclamé 52,6 milliards au Congrès, et 48,2 milliards pour 2014. Il faut ajouter
à cela les programmes de renseignement militaire du Pentagone (37 milliards
pour 2013 et 2014).

La Corée du Nord, un "trou" du renseignement

En terme d'employés, les
services de renseignements américains comptent 107.035 personnes, dont plus de
21.000 à la CIA et 35.000 dans des fonctions de cryptographie, chargées des
écoutes mondiales et de la surveillance électronique.

Le rapport public du "budget
noir", évalue également les "trous " du renseignement
américain, c'est-à-dire les dossiers où les Etats-Unis reconnaissent qu'ils
manquent d'informations. Le pays en tête : la Corée du Nord. Pourtant, selon le document dévoilé cette semaine, le régime communiste est surveillé "en permanence " via photos,
échantillons d'air et imagerie infrarouge pour détecter l'activité nucléaire du
régime communiste.