Reportage Guerre en Ukraine : plongée au cœur d'un restaurant devenu "repaire" des nationalistes ukrainiens

Parmi les arguments avancés par Vladimir Poutine pour envahir l’Ukraine il y a la volonté de "dénazifier" le pays en référence à un pan de l’histoire ukrainienne pendant la seconde guerre mondiale. À Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, nos envoyés spéciaux se sont rendus dans un restaurant très particulier : le repaire des nationalistes. 

Article rédigé par
Valérie Crova et Laurent Machietti - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Pour accéder à ce restaurant de Lviv, ville de l'ouest de l'Ukraine, il faut frapper à une épaisse porte en bois qui s'ouvre sur un homme en uniforme, fusil en bandoulière. (LAURENT MACCHIETTI / RADIOFRANCE)

Pour accéder à ce restaurant de Lviv, ville de l'ouest de l'Ukraine, il faut frapper à une épaisse porte en bois qui s'ouvre sur un homme en uniforme, fusil en bandoulière. "Gloire à l'Ukraine" est le mot de passe. Un escalier mène alors au restaurant : des pièces en enfilade se succèdent dans un dédale de couloirs épais. C'est un ancien bunker.

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Aux murs sont accrochés des photos des héros de la résistance ukrainienne, mais aussi des uniformes, des mitrailleuses : tout ce qui rappelle la lutte des nationalistes ukrainiens à partir du début du XXᵉ siècle. Il y a aussi des objets plus insolites, comme ce punching-ball à l'effigie de Vladimir Poutine."Oui, c'était mon idée parce que j'ai vu des gens qui avaient besoin d'exprimer leur rage contre lui", sourit Viktor, qui travaille ici depuis sa création.  

Aux murs de ce restaurant de Lviv, sont accrochés des photos, mais aussi des uniformes, des mitrailleuses : tout ce qui rappelle la lutte des nationalistes ukrainiens à partir du début du XXᵉ siècle.  (LAURENT MACCHIETTI / RADIOFRANCE)

Nationalisme n'est pas nazisme

Ici, les serveuses portent des tenues kaki, les garçons des vestes militaires. Viktor nous montre un vieux téléphone dans un recoin. Quand vous décrochez le combiné, vous pouvez entendre une voix lointaine : celle de Stepan Bandera, lors de son dernier discours enregistré. "Stepan Bandera était l'idéologue et le leader des nationalistes ukrainiens. C'est lui qui a créé le concept. Pour faire court, c'est sous sa direction qu'a été fondée l'armée des rebelles ukrainiens", précise Viktor.

Tout au fond de ce restaurant de Lviv, il y a une autre attraction : un stand de tir. Ici, la cible n'est autre... que le visage de Vladimir Poutine. (LAURENT MACCHIETTI / RADIOFRANCE)

Mort en 1959, Bandera a aussi été accusé d'avoir collaboré avec le Troisième Reich, ce dont le maître du Kremlin se sert aujourd'hui pour justifier la "dénazification" de l'Ukraine. Un faux prétexte pour Viktor, pour qui le nationalisme n'a rien à voir avec le nazisme. 

"Dire qu'on est nazi, c'est dire que sa nation est supérieure aux autres. Dire qu'on est nationaliste, c'est aimer sa Nation."

Viktor

à franceinfo

Tout au fond du restaurant, il y a une autre attraction : un stand de tir. Ici, la cible n'est autre... que le visage de Vladimir Poutine.

A Lviv, dans un restaurant devenu le repère des nationalistes ukrainiens. Reportage de Valérie Crova et Laurent Machietti
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