Retrait de Benjamin Griveaux : "J'ai l’impression que Piotr Pavlenski a totalement changé", estime Michel Eltchaninoff

Le rédacteur en chef à Philosophie Magazine, et auteur du livre Dans la tête de Poutine, a rencontré Piotr Pavlenski en 2016 et 2017.

Pyotr Pavlensky au cabinet de son avocat à Paris, le 14 février 2020.
Pyotr Pavlensky au cabinet de son avocat à Paris, le 14 février 2020. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

L'artiste russe réfugié en France, Piotr Pavlenski a affirmé vendredi 14 février être à l'origine de la diffusion des vidéos à caractère sexuel et de captures écran de conversations personnelles attribuées à Benjamin Griveaux et qui n'ont pas été authentifiées. Elles ont provoqué le renoncement du candidat La République en marche à se présenter à la mairie de Paris. Piotr Pavlenski "était un artiste politique très engagé, un militant anarchiste qui disait vouloir, par des mises en scène où il se faisait violence à lui-même, dénoncer la propagande qui régnait dans la Russie de Poutine, l'arbitraire et l'autoritarisme russe", a expliqué vendredi à franceinfo Michel Eltchaninoff, rédacteur en chef à Philosophie Magazine, qui a rencontré Piotr Pavlenski en 2016 et 2017.

"Il exerce une violence contre autrui"

Mais pour Michel Eltchaninoff la diffusion des vidéos intimes mettant en cause Benjamin Griveaux ne relève "pas du tout à de l'art, il s'agit d'un site internet de propagation de vidéos intimes, ce qui est interdit par la loi". "Avant il faisait des mises en scène où il se faisait une violence à lui-même, là il exerce une violence contre autrui, à l’endroit de Benjamin Griveaux", a-t-il pointé du doigt.

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"Il y a quelques années, il dénonçait les pratiques du FSB, les services secrets russes et aujourd’hui il utilise leurs pratiques, c’est-à-dire la fabrique d'un Kompromat, un matériau compromettant et le diffuser", a jugé Michel Eltchaninoff. Le journaliste a assuré avoir "l’impression que Piotr Pavlenski a totalement changé et qu’il fait aujourd’hui, contre un homme politique, pour le faire chuter, ce qu’il reprochait à la Russie de Poutine il y a quelques années". "On se rapproche finalement de ces pratiques soviétiques et russes qui consistaient à capter des vidéos et ensuite à les diffuser pour discréditer quelqu’un", a-t-il expliqué.