Russie : la Pussy Riot Maria Aliokhina se déguise en livreuse pour fuir son pays

Assignée à résidence, la militante, qui s'est fait connaître en jouant une "prière punk" dans une église de Moscou en 2012, a pris la décision de quitter la Russie après avoir appris qu'elle devrait purger une nouvelle peine de prison.

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La figure des Pussy Riot Maria Aliokhina le 29 juillet 2021. (VALERIY MELNIKOV / SPUTNIK / AFP)

"Cela ressemble à un roman d'espionnage." L'artiste Maria Aliokhina, membre de longue date des Pussy Riot, le célèbre groupe contestataire russe, est parvenue à s'enfuir de son pays en avril en se dissimulant sous une tenue de livreuse de nourriture à domicile. La militante de 33 ans raconte son exode dans un article publié mardi 10 mai par le New York Times (en anglais). 

La militante a régulièrement été condamnée depuis 2012, lorsqu'elle avait purgé une peine de prison pour avoir joué une "prière punk" dans la principale église de Moscou. En moins d'un an, elle a séjourné six fois en prison, chaque fois pendant 15 jours. Le 10 septembre 2021, un tribunal moscovite l'avait condamnée à un an de restrictions de liberté pour avoir enfreint les règles anti-Covid en appelant à manifester pour l'opposant Alexeï Navalny.

Partie sans téléphone ni passeport

En avril, les autorités russes ont annoncé que son assignation à résidence effective serait convertie en 21 jours dans une colonie pénitentiaire. Maria Aliokhina a alors décidé de partir de son pays. Pour échapper à la police de Moscou, qui surveillait l'appartement de l'amie qui l'hébergeait, elle s'est ainsi déguisé en livreuse, "laissant son téléphone portable derrière elle comme leurre et pour éviter d'être suivie", précise le New York Times.

Ensuite, un autre ami l'a conduite à la frontière biélorusse et il lui a fallu une semaine pour passer en Lituanie. Maria Aliokhina a accepté de répondre aux questions du quotidien américain depuis Vilnius, la capitale lituanienne, dans un studio où elle a trouvé refuge.

"Au moment où elle est arrivée à la frontière biélorusse avec la Lituanie, elle avait un visa lituanien qu'elle a essayé d'utiliser avec sa carte d'identité nationale russe, car la Russie avait confisqué son passeport. A ce moment-là, elle avait été placée sur la liste des 'recherchés' de la Russie", raconte le New York Times.

Lors d'une première tentative, Maria Alyokhina a été retenue par des gardes-frontières biélorusses pendant six heures. À sa deuxième tentative, un officier l'a renvoyée. Elle a réussi lors de sa troisième tentative. Des amis ont pu l'aider en lui fournissant des documents qui lui ont permis d'entrer en Lituanie, ce qu'elle considère comme "magique". "Je suis contente de l'avoir fait, car c'est un imprévisible 'pied de nez' aux autorités russes", déclare-t-elle au New York Times. 

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