Les Pussy Riot sur leur vie en prison : "On nous maintenait dans un état de bêtise"

"Le Monde" a rencontré deux des trois chanteuses du groupe russe. Elles ont passé 22 mois en camp de travail après une prière punk dans la basilique Saint-Sauveur de Moscou.

Nadejda Tolokonnikova (G) and Maria Alekhina, deux Pussy Riot, à New York (Etats-Unis), le 5 février 2014.
Nadejda Tolokonnikova (G) and Maria Alekhina, deux Pussy Riot, à New York (Etats-Unis), le 5 février 2014. (DON EMMERT / AFP)

"Je me suis sentie insultée que l'Etat puisse m'envoyer arbitrairement en camp de travail, me trimbaler de cellule en cellule et m'en sortir comme un sac par la simple volonté du président." Plus d'un mois après leur libération, Maria Alekhina, l'une des trois Pussy Riot, ne digère pas l'amnistie que leur a accordée Vladimir Poutine à l'approche des JO de Sotchi (Russie). Avec sa camarade Nadejda Tolokonnikova, elles se sont confiées au Monde (article payant), dans un article publié jeudi 6 février.

Toutes deux ont passé vingt-deux mois dans des camps de travail en Mordovie, à 1 500 km à l'est de Moscou, après leur condamnation pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse". Et elles auraient préféré aller au bout de leur peine, prévue pour se terminer en mars 2014, malgré les conditions difficiles de leur emprisonnement. 

Au Monde, elles racontent : les uniformes pas assez chauds, les 16 à 17 heures de travail quotidien dans des ateliers de coutures. Et l'ennui. "En prison, on devient vraiment stupide. L'une des principales tâches de l'administration est de nous maintenir dans un état de bêtise". "Je n'avais plus mes règles qu'une fois par an", confie Nadejda Tolokonnikova.

Toutes deux souhaitent maintenant créer une association de défense des prisonniers d'opinion.