Affaire Griveaux : le bâtonnier de Paris a demandé à l'avocat Juan Branco de renoncer à défendre Piotr Pavlenski

L'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne, Alexandra de Taddeo, au cœur du scandale des vidéos à caractère sexuel ayant poussé Benjamin Griveaux à renoncer à la course à la mairie de Paris, ont été mis en examen mardi par un juge d'instruction parisien et placés sous contrôle judiciaire.

L\'avocat et essayiste Juan Branco, proche de l\'artiste russe Piotr Pavlenski, au tribunal de Paris, mardi 18 février 2020. 
L'avocat et essayiste Juan Branco, proche de l'artiste russe Piotr Pavlenski, au tribunal de Paris, mardi 18 février 2020.  (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

C'est finalement l'avocat Yassine Bouzrou qui a été désigné pour assurer la défense de Piotr Pavlenski. En raison notamment de "l'absence de distance" entre Juan Branco et les actions de son client, le bâtonnier de Paris a demandé à l'avocat de renoncer à défendre l'artiste russe dans l'affaire Benjamin Griveaux, a annoncé le barreau dans un communiqué publié mercredi 19 février. 

Ce week-end, Juan Branco avait dénoncé une atteinte aux droits de la défense, expliquant que le parquet s'opposait à sa désignation comme avocat de Piotr Pavlenski, mis en examen mardi pour la diffusion de vidéos à caractère sexuel de l'ex-candidat LREM à la mairie de Paris, tout comme sa compagne, Alexandra de Taddeo.

"Un risque de manquement aux principes essentiels"

D'un de point de vue procédural, le parquet ne peut pas s'opposer seul au choix d'un avocat mais il peut, lorsqu'il redoute un conflit d'intérêts, saisir le bâtonnier pour qu'il tranche la question. Aussi, au cours de l'enquête déontologique annoncée lundi par le bâtonnier de Paris, Me Olivier Cousi, "il n'a pas été relevé de conflit d'intérêts avéré (...) pouvant être opposé à monsieur Juan Branco", indique le communiqué. 

"Toutefois, l'absence de distance manifestée par monsieur Juan Branco entre sa mission d'avocat et l'action reprochée à son client, ainsi que son absence de prudence lors de déclarations dans les médias l'exposaient à un risque de manquement aux principes essentiels, notamment d'indépendance et de prudence", ajoute-t-il.

L'avocat et essayiste avait dit avoir "conseillé" monsieur Pavlenski avant la diffusion des vidéos intimes à l'origine du retrait de Benjamin Griveaux. Par ailleurs, le parquet a annoncé mardi l'ouverture d'une deuxième information judiciaire distincte contre Piotr Pavlenski, concernant des accusations de violences lors d'une soirée à Paris le 31 décembre 2019. Or, les faits reprochés à l'artiste seraient survenus à l'occasion d'une soirée à laquelle se trouvait Juan Branco. "Dans ces conditions, le bâtonnier a demandé à monsieur Juan Branco de renoncer à la défense de monsieur Pavlenski", conclut donc le communiqué.