Les députés russes approuvent une loi renforçant la lutte contre la "propagande" LGBT+

Cette loi a été adoptée en plein durcissement conservateur du Kremlin, en parallèle de son offensive militaire en Ukraine.

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Des activistes lors de la Marche des fiertés, à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 12 août 2017. (VALYA EGORSHIN / NURPHOTO / AFP)

En Russie, les droits des minorités sexuelles subissent un nouveau tour de vis. Les députés russes ont adopté, jeudi 24 novembre, des amendements qui élargissent considérablement le champ d'application d'une loi qui interdit la "propagande" LGBT+. Cette nouvelle loi, qui est une version augmentée d'un texte très décrié de 2013 bannissant la "propagande" LGBT+ auprès des mineurs, interdit désormais de "faire la promotion de relations sexuelles non traditionnelles" auprès de tous les publics, dans les médias, sur internet, dans les livres et dans les films.

Ce vaste champ d'application, ainsi que la large interprétation permise par le concept vague de "promotion" font craindre une répression accrue envers les communautés LGBT+ en Russie, qui font déjà l'objet d'une forte discrimination.

Une amende de 160 000 euros

"Promouvoir les relations sexuelles non traditionnelles est interdit (...) Une interdiction de la promotion de la pédophilie et du changement de genre a également été introduite", a déclaré dans un communiqué le chef de la chambre basse du Parlement russe (la Douma), Viatcheslav Volodine. "Les amendes s'élèvent à 10 millions de roubles" (environ 160 000 euros) pour les contrevenants, a-t-il ajouté.

Pour que le texte prenne force de loi, il doit encore être validé par la chambre haute du Parlement, le Conseil de la Fédération, et signé par le président Vladimir Poutine, deux formalités.

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Aux yeux de Dilia Gafourova, responsable de l'ONG Sfera de défense des droits des personnes LGBT+, "la loi est discriminatoire par sa nature, c'est tout à fait évident". Elle juge "alarmantes" les affirmations de l'Etat russe selon lesquelles "les personnes LGBT+ sont une invention occidentale, résultat d'une ingérence extérieure", estimant que cela alimente leur "stigmatisation" dans la société.

L'ONU se dit "profondément" préoccupée

L'adoption de cette nouvelle loi intervient après des années de répression contre les communautés LGBT+ en Russie, le Kremlin se présentant comme le défenseur des valeurs "traditionnelles" face à un Occident présenté comme décadent. Dans le contexte du conflit en Ukraine, cette loi est aussi dépeinte comme un moyen de "défendre" la Russie contre un assaut des pays occidentaux sur le plan des valeurs. Elle "va protéger nos enfants et l'avenir de ce pays contre les ténèbres répandues par les Etats-Unis et les pays européens. Nous avons nos propres traditions et valeurs", a déclaré jeudi Viatcheslav Volodine.

Le mois dernier, le haut-commissaire de l'ONU pour les droits humains, Volker Türk, avait jugé "profondément" préoccupant le durcissement de la loi sur les LGBT+ en Russie, après un vote de la Douma sur le texte en première lecture. La principale ONG russe de défense des minorités sexuelles, LGBT-Set, avait pour sa part dénoncé le 18 octobre une "nouvelle tentative de discrimination et d'atteinte à la dignité de la communauté LGBT".

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