La justice russe publie les détails du rééchelonnement du prêt de plusieurs millions d'euros accordé au Rassemblement national

Le parti français, très endetté, était poursuivi par son créancier russe. Un accord a été trouvé mercredi.

Un podium du Rassemblement national, lors des élections européennes, le 26 mai 2019 à Paris.
Un podium du Rassemblement national, lors des élections européennes, le 26 mai 2019 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Un soulagement pour le Rassemblement national (RN) ? La justice russe a publié, dimanche 7 juin, les détails du rééchelonnement du remboursement du prêt contracté par le RN. Le parti de Marine Le Pen avait conclu, mercredi, un accord à l'amiable avec son créancier, l'entreprise russe Aviazaptchast, qui le poursuivait pour le non-remboursement de près de neuf millions d'euros. Selon un document publié par la Cour d'arbitrage de Moscou, le RN doit payer un million d'euros dans un délai de cinq jours après la confirmation de cet accord par le tribunal. Il devra ensuite régler près de 390 000 euros avant le 20 septembre, puis plus de 8 millions d'euros d'ici fin 2028 suivant un programme par tranches de 322 000 euros tous les trois mois.

Un taux d'intérêt toujours fixé à 6% par an

Le créditeur russe renonce à recevoir toute la somme d'un coup, mais aussi à toucher les amendes prévues pour le non-remboursement du prêt, prévu à l'origine en septembre 2019. Les taux d'intérêt de l'emprunt restent fixés à 6% annuels, selon ce document. Ce prêt avait initialement été souscrit en 2014 auprès d'une banque russe, la First Czech-Russian Bank (FCBR), fermée en 2016. La créance avait été cédée à une entreprise russe de location de voitures, Conti, puis revendue à Aviazaptchast, firme dirigée par d'anciens militaires russes et spécialisée dans les pièces détachées pour avions, qui avait dès lors attaqué en justice le RN.

A l'époque, la révélation de cet emprunt avait suscité des soupçons sur la volonté du Kremlin de soutenir le parti de Marine Le Pen, qui critique les sanctions occidentales imposées à Moscou à cause de la crise ukrainienne. Pour justifier de s'être tourné vers un établissement financier russe, le FN (devenu RN) accusait les banques françaises de ne pas lui accorder de prêts.