Homosexuels torturés en Tchétchénie : les conditions de délivrance de visas de réfugiés "pas entièrement satisfaisantes"

Arnaud Gauthier-Fawas, porte-parole de l’Inter-LGBT, était l'invité de franceinfo mardi, au lendemain de l'accueil du premier réfugié tchétchéne homosexuel sur le sol français.

Un manifestant espagnol manifeste contre les arrestations et persécutions envers la communauté homosexuelles en Tchétchénie, le 21 avril 2017 à Madrid.
Un manifestant espagnol manifeste contre les arrestations et persécutions envers la communauté homosexuelles en Tchétchénie, le 21 avril 2017 à Madrid. (JESÚS CALONGE / MAXPPP)

Les conditions de délivrance des visas de réfugiés aux homosexuels torturés en Tchétchénie ne sont "pas entièrement satisfaisantes" en France, a estimé Arnaud Gauthier-Fawas, porte-parole de l’Inter-LGBT, mardi 29 mai sur franceinfo.

La France a accueilli lundi 28 mai un premier réfugié homosexuel victime de persécutions en Tchétchénie, une république de la Fédération de Russie, le jour même de la visite du président russe Vladimir Poutine en France. "Maintenant nous attendons que l'ensemble de l'administration prenne le relais et assure un accueil décent" aux homosexuels réfugiés, a déclaré le porte-parole de l'Inter-LGBT.

franceinfo : Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a déclaré ce mardi qu'il n'y a pas de preuve de persécution envers les homosexuels en Tchétchénie. En avez-vous ?

Arnaud Gauthier-Fawas : On a vu sa conférence de presse, c'est affligeant mais on n'en attendait pas moins des autorités russes. Ce qui est sûr, c'est que les ONG sur place et les experts qui ont travaillé sur le sujet ont documenté des cas de tortures. On a des preuves, nous sommes confiants sur nos dossiers même si les autorités russes disent le contraire. C'est nous qui nous faisons le relais d'ONG sur place qui travaillent dans des conditions très compliquées. Les lois qui limitent le pouvoir des associations se multiplient ces dernières années, mais malgré tout, grâce aux journalistes et aux militants locaux, nous avons réussi à monter des dossiers dans les pays européens pour obtenir des visas et permettre à ceux qui le souhaitent de trouver refuge ici pour se reconstruire.

Lundi, Emmanuel Macron a évoqué la question avec le président russe. Ses mots vous semblent-ils suffisamment forts ?

Nous avons travaillé avec la cellule diplomatique de la présidence de la République en amont de cette rencontre. Ils ont pris la peine de recevoir l'ensemble des ONG en fin de semaine dernière, même s'ils ne nous ont rien promis. L'ensemble des ONG étaient unanimes sur le fait que nous attendions une parole publique d'Emmanuel Macron. Nous avons rappelé qu'Angela Merkel, à Sotchi, avait ouvertement parlé du sort des homosexuels en Tchétchénie lors d'une rencontre similaire. Nous sommes contents qu'il en ait parlé, maintenant nous attendons que l'ensemble de l'administration prenne le relais et assure un accueil décent aux réfugiés. Pour l'instant, nous ne sommes pas pleinement satisfaits des conditions de délivrance de ces visas.

"On est le relais d'ONG sur place, en Russie, qui travaillent dans des situations très compliquées", Arnaud Gauthier-Fawas, porte-parole de l’Inter-LGBT.
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