Arrestation d'Alexeï Navalny : le député Jacques Maire espère "une réaction de bon sens" des autorités russes

L'opposant politique russe Alexeï Navalny a été arrêté dimanche à son arrivée à Moscou, après plusieurs mois de convalescence en Allemagne où il se remettait d'un empoisonnement présumé.

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Radio France
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L'opposant poltique russe Alexeï Navalny et son épouse Ioulia lors des contrôles de passeport à l'aéroport Sheremetyevo de Moscou, le 17 janvier 2021. (KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP)

Le principal opposant russe, Alexeï Navalny, a été arrêté par les services pénitentiaires dimanche 17 juillet dès son arrivée à Moscou depuis l'Allemagne, où il se trouvait en convalescence ces derniers mois après avoir survécu à un empoisonnement présumé. Le président du Conseil européen, Charles Michel, appelle Moscou à sa "libération immédiate". "On peut espérer que dans les jours qui viennent il y ait une réaction de bon sens de la part des autorités russes", a déclaré dimanche 17 décembre sur franceinfo Jacques Maire, député LREM de la 8e circonscription des Hauts-de-Seine, membre de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe rapporteur sur l’empoissonnement de l'opposant russe.

franceinfo : Une rencontre devait avoir lieu au Conseil de l'Europe pour une audition conjointe entre les Russes, les Européens et Alexeï Navalny. Qu'en est-il ?

Jacques Maire : Nous avions l'accord des autorités russes puisque le rapport dont il est question est la seule enquête internationale qui est aujourd'hui organisée puisque l'ensemble des recours qu'a fait Alexeï Navalny sur le territoire russe ont été sans suite. La Russie a considéré qu'il n'y avait pas matière à poursuivre à ce jour. Donc, nous avons engagé cette enquête au sein de l'Europe, comme nous le faisons à chaque fois qu'il y a une action qui peut présumer d'une grave atteinte aux droits de l'Homme. La Russie est membre du Conseil de l'Europe. Si Alexeï Navalny n'est pas présent cela sera une très grosse tâche sur la volonté de coopération de la Russie. Pour l'instant nous misons sur sa présence.

Vous appelez à sa libération ?

On est évidemment très soucieux. Quand j'ai rencontré Alexeï Navalny, le 7 décembre, il sortait d'une période extrêmement difficile après avoir frôlé la mort pendant plusieurs semaines. Je l'ai trouvé d'un engagement, d'une ténacité, d'une forme physique et mental extrêmement forte. Il nous avait dit à ce moment-là qu'il rentrerait en Russie et nous étions très inquiets parce qu'il peut à nouveau faire l'objet d'intimidations ou d'autres types de menaces. Le fait qu'il retourne comme ça est le signe qu'il souhaite un appui de la communauté internationale, une attention, parce qu'il sait très bien que le système judiciaire en Russie n'a pas donné suite à ses demandes. C'est pour ça qu'il est nécessaire d'avoir une attitude claire de la part des Russes.

Avait-il imaginé qu'il se ferait arrêter et que son avion serait détourné ?

Oui, je pense qu'il avait tout en tête. Pour l'instant le pire n'est pas sûr. C'est une arrestation qui fera l'objet d'un recours, qui normalement devrait être jugée en 48 heures. Donc, là il y a un délai d'une dizaine de jours qui a été indiqué et qui n'est en soi par vraiment légal. On peut espérer que dans les jours qui viennent il y ait une réaction de bon sens de la part des autorités russes. On lui reproche d'être parti se faire soigner en Allemagne pendant quatre mois et de n'être pas revenu à temps pour pouvoir pointer devant l'autorité pénitentiaire. C'est absolument ridicule. Il revient en Russie, malgré tous les risques, donc la moindre des choses serait de lui donner la capacité de rester en Russie de façon sûre.

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