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Royaume-Uni : le roi Charles III accusé de politiser la monarchie après le thé de la discorde avec Ursula von der Leyen

Après la réception lundi de la présidente de la Commission européenne à Windsor, le roi Charles III est sous le feu des critiques. "C'est une position très dangereuse qu'il adopte", pointe Sammy Wilson, porte-parole d'un parti unioniste nord-irlandais, qui craint l'interventionnisme politique du roi.
Article rédigé par franceinfo, Richard Place
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le roi Charles III à Londres le 14 février 2023 (image d'illustration). (RASID NECATI ASLIM / ANADOLU AGENCY)

L'Europe, ce n'est pas la tasse de thé de tout le monde au pays du Brexit. Celle que le roi Charles III a partagée lundi 27 février à Windsor avec Ursula von der Leyen a du mal à passer. La présidente de la Commission européenne venait de sceller un nouvel accord post-Brexit sur l'Irlande du Nord. Ce rendez-vous assez bref a provoqué pas mal de remous outre-Manche.

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Chez les nombreux souverainistes de tous bords, on parle d'une rencontre inappropriée où l'on laisse entendre que le roi apporterait son soutien à un accord encore discuté dans les instances politiques du pays. "C'est une mauvaise décision et le roi la regrettera dans le futur, explique Sammy Wilson, l'un des porte-paroles du DUP, le principal parti unioniste nord-irlandais, un parti pro-monarchie. Vous ne pouvez pas être plus profondément dans la politique. Le roi va devoir s'expliquer s'il continue dans cette voie et politise la monarchie, il la met en péril." 

Un entretien à la demande du Premier ministre selon Buckingham Palace

Depuis lundi, dans les médias britanniques, on discute presque autant du fond de l'accord que de ce thé de la discorde à Windsor. Au Palais de Buckingham, il y a un peu de gêne puisqu'on laisse clairement entendre que cet entretien a eu lieu à la demande de Downing Street, ce que le porte-parole du Premier ministre ne confirme pas.

Dans le même temps, Buckingham Palace rappelle que le roi reçoit régulièrement des chefs d'État en visite au Royaume-Uni. C'était le cas par exemple du président ukrainien Volodymyr Zelensky en février. Mais évidemment, personne n'est dupe : tous les représentants politiques n'ont pas droit à une audience royale. Cela fait partie du soft power britannique.

Sa première visite à l'étranger sera en France et en Allemagne

L'interventionnisme politique de Charles devenu roi est justement l'un des écueils redoutés pendant son règne. Lorsqu'il n'était que prince de Galles, il avait la fâcheuse habitude d'envoyer des lettres à des ministres pour donner son avis sur tel ou tel sujet. Son engagement contre le réchauffement climatique n'est pas du goût de tous ses sujets. Le roi est donc très surveillé depuis qu'il occupe le trône. Et ce n'est pas fini puisque sa première visite d'État à l'étranger sera en France et en Allemagne à la fin du mois, dans les pays fondateurs de l'Europe politique. Ce qui pourrait agacer encore un peu plus les partisans du Brexit.

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