Pour acheter un logement à Londres, mieux vaut être riche…

Un «primo-accédant» à la propriété doit gagner au moins 77.000 livres par an pour pouvoir espérer acheter un logement à Londres, la ville la plus chère du monde, selon une étude. Dans ce contexte, la crise du logement est devenue l’un des thèmes majeurs de la campagne en vue des législatives du 7 mai.

Le quartier de Canary Wharf (est de Londres), vu de l\'autre côté de la Tamise au crépuscule le 7 novembre 2014
Le quartier de Canary Wharf (est de Londres), vu de l'autre côté de la Tamise au crépuscule le 7 novembre 2014 (Reuters - Toby Melville)
A Londres, le salaire moyen annuel est de 27.999 livres (37.941 euros). Conséquence : il devient difficile, pour le citoyen lambda, d’acquérir un logement «sauf s’il gagne bien au-dessus de cette moyenne ou s’il reçoit un héritage», constate le responsable du secteur immobilier chez KPMG, Jan Crosby, cité par le Guardian.

Pour l’ensemble du Royaume-Uni, il faut gagner un salaire annuel de 40.553 livres (54.953  euros) pour acheter un chez-soi. Et ce alors que le salaire moyen est de 22.044 livres (29.868 euros). «Dans le grand Londres, le prix moyen d’une propriété atteint désormais 7,5 fois le revenu moyen, moitié plus qu’il y a quatre ans. Inabordable pour l’immense majorité de la population», constate le journal suisse Le Temps. Il faut en moyenne débourser près de 500.000 livres (677.000 euros) pour trouver un bien de deux-pièces décent. Une situation d’autant plus compliquée que pour obtenir un prêt permettant de financer une telle acquisition, il faut gagner plus de quatre fois le salaire moyen.
 
Londres est désormais considérée comme la ville la plus chère au monde, aux dires d’une étude de Savills, société de conseil en immobilier d’entreprise. Conséquence : «dans ce pays obsédé par l’immobilier» le taux de propriétaires est passé depuis 10 ans «de 70 à 64 % de la population», rapporte Le Temps. Le Monde parle, lui, d’un taux «tombé à moins de 50% nationalement».

Une bannière de protestation proclamant «Du logement social, pas du nettoyage social» lors d\'une manifestation organisée à Londres le 21 avril 2015 à l\'occasion des Property Awards, cérémonie de remise de prix des professions immobilières.
Une bannière de protestation proclamant «Du logement social, pas du nettoyage social» lors d'une manifestation organisée à Londres le 21 avril 2015 à l'occasion des Property Awards, cérémonie de remise de prix des professions immobilières. (AFP - CITIZENSIDE/SEE LI / CITIZENSIDE.COM)

Les familles modestes ne trouvent plus à se loger
«Même dans la location, la crise bat son plein : les loyers s’envolent, repoussant en banlieue toujours plus lointaine les classes populaires», constate le quotidien suisse. Selon l’Office national des statistiques, près de 60.000 personnes âgées de 30 à 39 ans ont quitté Londres entre juin 2012 et juin 2013. Un record. 

Les familles modestes ne trouvent plus à se loger, alors que les stocks de logements sociaux ont fondu en raison de la privatisation du secteur depuis l’ère Thatcher. De plus, les constructions privées se sont faites rares pour préserver la «ceinture verte».  Pourtant, en parallèle, la population a continué à augmenter.

Aujourd’hui, la cité est surpeuplée. Aux dires même du directeur général de la chambre locale d’industrie, «les transports de Londres sont saturés alors que la population explose».

Dans ce contexte, la crise du logement est devenue l’un des thèmes majeurs de la campagne électorale en vue des législatives du 7 mai. Ce thème «est la première préoccupation exprimée par les habitants. L’idéal de la propriété, très fort dans ce pays, n’est plus à la portée de la plupart des gens», explique dans Le Monde une candidate travailliste à Londres.

Chaque candidat a donc fait des propositions. Le premier ministre conservateur sortant, David Cameron, suggère ainsi de vendre des logements sociaux à bas prix. Son adversaire travailliste, Ed Miliband, évoque des exonérations fiscales pour les «primo-accédants», parle d’encadrer les loyers et d’imposer des baux de trois ans au lieu d’un an. Mais certains experts doutent de l’efficacité de telles mesures…