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Ce que l'on sait du meurtre d'une jeune fille au pair française à Londres

Une couple de Français a été inculpé à Londres, pour le meurtre de la jeune femme employée pour garder ses enfants.

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France Télévisions
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La police garde l'entrée de la propriété où le corps d'une jeune fille au pair a été retrouvé calciné, à Londres (Royaume-Uni), le 22 septembre 2017. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Le corps calciné d'une Française de 21 ans, fille au pair à Londres (Royaume-Uni), a été retrouvé dans le jardin d'une maison du quartier de Southfields, dans le sud-ouest de la capitale. Ses employeurs, un couple de Français, ont été inculpés pour meurtre, et ont comparu, mardi 26 septembre, devant un tribunal de Londres.

Que s'est-il passé ?

La police a été alertée, mercredi 20 septembre, en début de soirée, par des voisins intrigués par une épaisse fumée à l'odeur "nauséabonde" en provenance de la propriété où le corps a été retrouvé, dans le sud-ouest de Londres. A leur arrivée, les policiers découvrent un corps "trop brûlé pour établir le genre et l'âge" de la victime, selon Scotland Yard. La victime n'a pas encore été formellement identifiée, et les circonstances précises de sa mort ne sont pas encore connues. 

Qui est la victime ?

Des habitants du quartier ont identifié la victime, fille au pair depuis plus d'un an à Londres, pour perfectionner son anglais, raconte The Evening Standard (en anglais). Sophie Lionnet, 21 ans, était originaire de l'Aube. Sur Facebook, sa page posthume précise qu'elle était née le 7 janvier 1996, à Troyes. A Londres, elle était employée par un couple de Français pour s'occuper de deux enfants âgés de 3 et 6 ans. Sa mère décrit à BFMTV une "fille très douce, très gentille", qui "adorait les enfants". Elle demande que sa fille soit "laissée en paix" et "si des gens veulent faire des marches blanches ou autre chose, qu'on me demande l'autorisation".

Interrogée par Le Parisien, une ses amies raconte les conditions de travail difficiles de la fille au pair, qui était également chargée de préparer les repas et de faire le ménage dans la maison cossue de ses employeurs. "Dès qu'on abordait le sujet de l'argent, elle éludait (...) Elle nous faisait croire que tout allait bien pour ne pas nous inquiéter", raconte son amie. Sophie Lionnet travaillait "pour un salaire de 56 euros par mois", qui "ne lui aurait jamais été versé", croit savoir le quotidien. Une assure que Sophie était "épuisée" et "à bout", lorsqu'elle a eu de ses nouvelles pour la dernière fois, à Noël dernier.

D'autres amies de la jeune femme racontent au Parisien leur difficulté à la joindre et leur inquiétude quant à ses conditions de travail, évoquant de possibles sévices corporels. Son père, ne recevant "pas d'appels au secours" de Sophie, ne pensait pas "que ça finirait comme ça", confie-t-il à RTL. La jeune femme avait seulement évoqué des "tensions" avec ses employeurs.

Malgré l'insistance de ses proches, Sophie Lionnet avait repoussé plusieurs fois son retour en France, pour des raisons financières. Elle avait finalement pu acheter un billet de retour, pour le lundi 18 septembre, deux jours avant sa mort.

Que sait-on des suspects ?

Ouissem Medouni et Sabrina Kouider, ses employeurs français sont les seuls suspects et ont été inculpés, vendredi 22 septembre pour le meurtre de la jeune femme. Mardi, ils ont comparu par vidéoconférence, depuis leurs prisons respectives, pour confirmer leur identité. Ils ont tous deux été maintenus en détention à l'issue de cette première audience. Leur procès devrait s'ouvrir le 12 décembre, selon l'AFP.

Sabrina Kouider, 34 ans, est apparue en larmes, depuis la prison pour femmes de Bronzefield. "J'ai rien fait", a-t-elle crié en français, interrompant le procureur, avant d'ajouter "je n'ai jamais tué". Présentée par plusieurs médias comme styliste et maquilleuse, Sabrina Kouider "vivait au dessus de ses moyens (...) payait la nounou une bouchée de pain (...) et disait qu'elle connaissait plein de célébrités", décrit une voisine au Parisien. Médias français et britanniques affirment qu'elle est l'ex-compagne de Mark Walton, fondateur du boys-band irlandais Boyzone.

Interrogé depuis la prison de Wandsworth, Ouissem Medouni, 40 ans, n'a, lui, montré aucune émotion, précise l'AFP. le voisinage interrogé par Le Parisien le décrit comme "peu aimable", et croit savoir que le couple se disputait beaucoup.

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