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Au Royaume-Uni, les fusillés de 14-18 ont déjà été graciés

Alors qu’en France, le débat continue sur les fusillés de la Première guerre mondiale, le Royaume-Uni a réglé la question en faisant voter une loi en 2006. Paris réfléchit à une «réintégration dans la mémoire collective» des quelque 600 à 650 soldats français fusillés tandis que le gouvernement britannique a décidé de «gracier» les victimes de la justice militaire de 14-18.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Inhumation avec les honneurs au cimetière militaire britannique de Monchy-le-Preux. Des militaires britanniques portent le cercueil de l'un des trois soldats tués en 1917 lors de la bataille d'Arras, et dont les corps ont été retrouvés en 1996 dans une fosse commune. (OLIVIER MORIN / AFP)
Les 306 soldats britanniques officiellement fusillés pendant la guerre 14-18 pour «lâcheté ou abandon de poste» ont été graciés à titre posthume, avait décidé en 2006 le gouvernement britannique. La décision avait été annoncée par le secrétaire à la Défense britannique, M.Browne. Une décision qui n’avait pas été simple à prendre puisqu’elle avait été rejetée à plusieurs reprises auparavant.

«Je crois que le pardon, approuvé par le Parlement, est la meilleure façon de régler ce problème», avait affirmé le ministre du gouvernement Blair. Le ministre avait justifié cette grace posthume en affirmant que «bien que ce soit une question historique, je suis conscient des sentiments des familles de ces hommes qui ont été stigmatisés pendant des décennies». 

La décision britannique tenait beaucoup au combat de la famille d'un de ces fusillés, Harry Farr, exécuté à 25 ans pour avoir refusé de retourner dans sa tranchée. Il avait fallu 20 minutes pour envoyer le soldat devant une cour martiale. La cour avait ignoré les circonstances atténuantes et les arguments médicaux en faveur du soldat, victime d'un choc traumatique. 

Shot at dawn memorial
Comme dans l'armée française, les exemples douloureux de fusillés ne manquent pas. La BBC racontait ainsi que le premier soldat anglais fusillé l’avait été 35 jours après le début de la guerre. Il s’appelait Thomas Highgate et avait 17 ans. «Lors de la bataille de Mons, il n’a pas supporté le carnage de 7.800 de ses compagnons et s’était caché dans une grange. Lors de son procès, il était sans défense, ses camarades de régiment avaient tous été tués, capturés ou blessés », raconte la BBC.

Un monument a été érigé à la mémoire de ces fusillés de l'aube (shot at dawn, en anglais). Ce mémorial est symbolisé par une statue représentant un soldat attaché, les yeux bandés et des piquets de bois portant le nom des victimes.


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