Attentat du London Bridge : un an après, "le plus dur est passé" pour les commerçants du Borough Market

ll y a un an ce dimanche 3 juin, au Royaume-Uni, trois terroristes fonçaient sur les passants sur le London Bridge avant de tirer sur les commerçants et les clients du Borough Market, faisant huit morts dont trois français.

Le Borough Market à Londres.
Le Borough Market à Londres. (BEN STANSALL / AFP)

Avec une minute de silence, tous ceux qui tiennent des échoppes ou des établissements dans le quartier du Borough Market à Londres ont rendu hommage samedi 2 juin aux victimes de l'attentat de London Bridge. C’était leur première réunion tous ensemble depuis les attaques du 3 juin 2017. Des cérémonies nationales sont aussi prévues ce dimanche. 

Sur le pont, la balustrade où s’est encastrée la camionnette n’a toujours pas été réparée. Difficile d’imaginer qu’une année est passée, expliquent les commerçants.

"C'est toujours présent et ce sera toujours présent"

Sophie, qui tient un stand de boulangerie, a recommencé à travailler deux semaines après les attaques. Un peu par instinct de survie, mais sans rien oublier. "On a tous voulu être forts, et ne pas montrer nos émotions. Mais le moindre bruit, une personne qui va crier ou siffler pour appeler un copain à l'autre bout du marché... c'est toujours présent, ce sera toujours présent."

Parfois on me propose de prêter mon couteau pour couper le pain à ma place, pour m'aider... Je réponds que non, désolée, je ne donne pas mon couteauSophie, boulangère au Borough Marketà franceinfo

Au Boro Bistro, où l’un des serveurs français a été tué, les employés ont obtenu le statut de victime de guerre. Ils attendent les résultats de l’enquête, début 2019, et sont suivis psychologiquement. Le plus dur est passé, confie l’un d’entre eux.

Notamment grâce à la solidarité du quartier, explique Sophie. "Une cagnotte a été ouverte par les commerçants autour, j’ai trouvé ça vraiment chouette." Car la plupart des commerçants n’ont pour l’instant reçu aucune indemnisation des compagnies d’assurances. Pour certains, le préjudice s’élève à plus de 100 000 euros.