Roméo Langlois et Doan Bui lauréats du prix Albert Londres 2013

Le prix Albert Londres 2013 a été attribué le 10 mai 2012 en audiovisuel à Roméo Langlois, de France 24, et en presse écrite à Doan Bui, du Nouvel Observateur.

Les deux lauréats du prix Albert Londres 2013: à gauche, Roméo Langlois; à droite, Doan Bui.
Les deux lauréats du prix Albert Londres 2013: à gauche, Roméo Langlois; à droite, Doan Bui. (FTV - Laurent Ribadeau Dumas)
(Laurent Ribadeau Dumas, envoyé spécial à Montréal)

«Le choix des lauréats a suscité des débats très passionnés»,
a souligné la présidente du jury, Annick Cojean, en remettant les prix dans la Grande Bibliothèque de Montréal. Mais cette année encore, «les lauréats 2013 nous ont semblé adhérer parfaitement à l'esprit d'Albert Londres», a-t-elle ajouté. Lequel Albert Londres expliquait, dans une phrase restée célébrissime, que «Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire tort, il est de porter la plume dans la plaie»«Les résultats montrent aussi que la profession de journaliste continue d'attirer des jeunes incroyablement courageux qui racontent des sujets avec audace», a poursuivi Annick Cojean (lire aussi l'interview qu'elle nous accordée).

«Ce prix est plus un prix de reportage que de journalisme», a déclaré de son côté Alfred  de Montesquiou, lauréat en 2012. «Il marque une forme d'engagement, il exprime une part d'humanité. On sent l'âme d'un journaliste à la manière dont il écrit».

Le prix audiovisuel
Roméo Langlois, 36 ans, a reçu le prix pour son sujet A balles réelles, produit par Woow your life et diffusé sur France 24 le 20 juin 2012. Lors d’une opération menée par l’arrmée colombienne pour démanteler des laboratoires de drogue clandestins contrôlés par la guérilla des FARC, le grand reporter, alors correspondant de France 24 en Colombie, avait été pris dans des échanges de tir. Il avait alors été blessé au bras puis capturé par les guérilleros. 

«A balles réelles», de Roméo Langlois

Le prix de la presse écrite
Quant à Doan Bui, 38 ans, elle est primée pour son article Les fantômes du fleuve, publié le 10 mai 2012 dans le Nouvel Observateur. Elle y raconte l’odyssée de migrants essayant, au péril de leur vie, de rejoindre l’espace Schengen en traversant une rivière entre la Turquie et la Grèce. Le jury avait déjà remarqué son livre publié en 2009, Les affameurs, voyage au cœur de la planète de la faim (Editions Privé). 

Consultez notre site Albert Londres !
Dans nos pages spéciales consacrées à ce prix, retrouvez trois types d'articles et de vidéos :
- des retours sur les prix (audiovisuels) précédents avec des extraits vidéos («La Taupe» sur l'affaire Farewell de Dominique Tierce et Hervé Brusini; interviews de Philippe RochotJérôme BonyHenri de Turenne...).
- des «cartes blanches» (écrites) à d'anciens lauréats du prix avec des jolis papiers de Marc KravetzJean-Paul MariCatherine JentileBernard Guetta ouJean-Claude Guillebaud.
- des articles sur la thématique du grand reportage : le journalisme d’excellence, un portrait d’Albert Londres, une vraie-fausse interview d’Albert Londres, des articles du reporter qui a donné son nom au prix («la Terre promise», «l'agonie de la basilique de Reims»...).

Notre envoyé spécial à Montréal, Laurent Ribadeau Dumas, nous raconte l'itinéraire du grand reporter Alfred de Montesquiou, prix Albert Londres 2012. Il revient aussi sur l'histoire d'un scoop, celui sur les diplomates américains qui ont échappé à la prise d'otages à Téhéran en 1979. Un scoop qui a inspiré le film Argo, signé du cinéaste Ben Affleck. Notre journaliste explique aussi comment Radio Canada a fait le choix du journalisme d'enquête.

Lire aussi
Doan Bui, prix Albert Londres 2013: au-delà des chiffres de l'immigration
Roméo Langlois, prix Albert Londres 2013: quelle stratégie anti-drogue choisir ?