Syrie : une série d'attaques suicides contre les renseignements à Homs fait au moins 42 morts

Des kamikazes se sont fait exploser, samedi, aux abords de deux sièges des services de sécurité dans la ville syrienne de Homs, contrôlée par le régime. 

L\'entrée d\'un quartier central de Homs (Syrie), le 19 septembre 2016. 
L'entrée d'un quartier central de Homs (Syrie), le 19 septembre 2016.  (OMAR SANADIKI / REUTERS)

Plusieurs kamikazes se sont fait exploser, samedi 25 février, devant deux sièges de la sécurité à Homs, en Syrie, faisant 42 morts, dont le chef du renseignement militaire. L'ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie a revendiqué ces attentats perpétrés contre des services généralement bien défendus. 

Les médias officiels syriens et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) ont fait état de cette série d'attaques ainsi que d'affrontements entre les assaillants et les membres de la sécurité, qui ont duré environ deux heures. Les attaques ont visé le siège du service de la sécurité de l'Etat et celui des renseignements militaires dans deux quartiers différents du centre de Homs, troisième ville de Syrie sous contrôle des troupes du régime de Bachar Al-Assad. L'OSDH a fait état de 42 morts, tandis que le gouverneur de la province centrale de Homs, Talal Barazi, a évoqué un bilan de 30 morts et 24 blessés.

Parmi les morts figurent le chef des renseignements militaires de Homs, Hassan Daaboul, un proche de Bachar Al-Assad et l'une des personnalités les plus connues des milieux des renseignements syriens, a annoncé la télévision d'Etat. Celle-ci a précisé que les attaques avaient été menées par "six kamikazes", trois contre la sécurité d'Etat et trois contre les renseignements : "Un des kamikazes a spécifiquement visé le général martyr." 

Des négociations en cours à Genève

"Ces attaques sont les plus audacieuses perpétrées à Homs", a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Aux renseignements militaires, il y a eu des tirs contre les gardes. Des officiers ont accouru pour voir ce qui se passait et un premier kamikaze s'est fait exploser, a-t-il précisé. D'autres membres des renseignements se sont précipités et un deuxième puis un troisième kamikaze se sont fait exploser l'un après l'autre." 

Ces attentats visant l'appareil sécuritaire du pouvoir interviennent au moment où un quatrième round de négociations se tient à Genève sous l'égide de l'ONU entre régime et opposition. Le régime de Damas a promis des "représailles" après cet attentat. L'émissaire de l'ONU pour les négociations a, lui, déploré une tentative "faire dérailler le processus" de pourparlers.

Plusieurs attentats suicides meurtriers ont frappé Homs ces dernières années, en majorité revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Il y a un an, un double attentat dans la ville avait fait 64 morts, en grande majorité des civils.