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Syrie : "Une opération importante du régime va se mettre en œuvre, une offensive terrestre", affirme Jean-Yves Le Drian

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a indiqué jeudi que les bombardements du régime de Bachar al-Assad dans la Ghouta orientale en Syrie étaient "une tragédie".

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Radio France
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Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le 21 février 2018 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Dans la Ghouta orientale, fief rebelle près de Damas en Syrie, les bombardements du régime ont fait au moins 320 morts dont 76 enfants en quatre jours. Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU va se tenir jeudi après-midi, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a réagi à ces bombardements au micro de franceinfo.

franceinfo : Qu'en est-il sur place dans la Ghouta orientale et comment s'annoncent la suite des événements ?

Jean-Yves Le Drian : Tous les éléments que nous avons à notre disposition nous laissent à penser qu'une opération importante du régime va se mettre en œuvre. Une offensive terrestre menée par les forces de Bachar al-Assad et ses alliés pour rentrer dans la zone à l'est de Damas. Il y a aujourd'hui sur place 400 000 personnes qui sont assiégées, qui n'ont pas accès à l'aide humanitaire, les six hôpitaux de la zone ont été bombardés. Il y a une centaine de morts par jour et donc cette situation est intenable.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en fin d'après-midi pour discuter d'un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu de 30 jours en Syrie. Quelle est la position de la France ?

La France milite et appuie totalement cette initiative pour que la trêve ait lieu pour qu'ensuite l'accès de l'aide humanitaire puisse se faire et que l'évacuation des personnes les plus en difficulté puisse se faire dans les meilleurs délais et que l'on profite de cette pause pour engager un processus politique sérieux. Sinon, le pire est devant nous.

La Russie pourrait-elle opposer son veto à cette résolution ?

Je ne veux pas croire que la Russie puisse couvrir un tel massacre annoncé.

Comment contraindre les forces pro-Assad, si la résolution est votée, à stopper leur offensive ?

Je pense que les Russes ont du pouvoir sur le régime d'Assad. Il y a des outils qui sont prêts à intervenir, que ce soit la Croix-Rouge internationale où les agences des Nations unies. À partir du moment où il y a une trêve alors on peut engager un processus de paix qui a été interrompu à Genève. Donc, il y a urgence pour cette décision. Les Russes ont les moyens de faire pression sur Assad. On a connu Alep, ce sera pire.

La France a-t-elle encore du poids diplomatiquement ?

La France pèse. La France parle avec tout le monde pour dire à tout le monde la même chose et puis elle est membre du Conseil de sécurité.

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