"Quand on a passé son temps à massacrer son peuple, on a généralement un peu plus de discrétion", lance Le Drian à Al-Assad

Le chef de la diplomatie française a sèchement répondu au président syrien, lundi. Ce dernier a accusé Paris d'avoir soutenu le terrorisme.

Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 12 décembre 2017.
Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 12 décembre 2017. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Le ton monte entre Paris et Damas. Le président syrien, Bachar Al-Assad, s'en est pris violemment à la France, lundi 18 décembre. Il l'a accusée de "soutien au terrorisme". Sa sortie est survenue quelques jours après des déclarations de Paris accusant le régime de Damas d'avoir fait "obstruction" aux dernières négociations à Genève (Suisse), qui ont échoué.

Bachar Al-Assad a condamné l'appui apporté par la France aux rebelles qui luttent contre son régime depuis 2011, et qu'il qualifie de "terroristes".

La France a été le porte-étendard du soutien au terrorisme en Syrie dès les premiers jours.Bachar Al-Assadà des journalistes

Pour le dirigeant syrien, la France "n'est pas en position de donner une évaluation d'une conférence de paix". Il l'a déclaré à des journalistes, après avoir reçu à Damas une délégation de responsables et d'hommes d'affaires russes. "Celui qui soutient le terrorisme n'a pas le droit de parler de paix et n'a même pas le droit de s'ingérer dans les affaires syriennes", a-t-il ajouté.

Réponse cinglante de Paris

Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, a livré une réponse sans tarder. "Quand on a été le premier à libérer [de prison] les jihadistes de Daech, on ne donne pas de leçon", a répondu le chef de la diplomatie française, interrogé par des journalistes lors d'un déplacement à Washington (Etats-Unis) .

Quand on a passé son temps à massacrer son peuple, on a généralement un peu plus de discrétion.Jean-Yves Le Drianà des journalistes

Selon lui, "Bachar Al-Assad ne semble pas vraiment en situation de pouvoir affirmer une prise de position politique tant qu'il est dépendant de la Russie et de l'Iran", a-t-il insisté.