Syrie : plus de 40 morts dans un double attentat-suicide à Damas

Ces attentats interviennent au lendemain de l'arrivée des observateurs étrangers censés contrôler l'application du plan de sortie de crise.

Une image de la télévision syrienne montrant les lieux d\'un des attentats-suicides perpétrés à Damas le 23 décembre 2011.
Une image de la télévision syrienne montrant les lieux d'un des attentats-suicides perpétrés à Damas le 23 décembre 2011. (SYRIAN TV / AFP)

La situation s'envenime en Syrie. Deux attentats-suicides à la voiture piégée ont fait plus de 40 morts et plus de 150 blessés, vendredi 23 décembre à Damas. Ces attaques ont visé deux bâtiments des services de sécurité. Parmi les victimes se trouveraient à la fois des civils et des militaires, selon la télévision d'Etat.

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Ces attentats, sans précédent depuis la guerre entre l'ancien président Hafez Al-Assad et les Frères musulmans dans les années 1980, sont intervenus au lendemain de l'arrivée à Damas d'une mission chargée de préparer la venue des observateurs de la Ligue arabe. Ces observateurs sont censés suivre l'application d'un plan de sortie de crise après plus de neuf mois d'une révolte contre le régime violemment réprimée.

Paris s'inquiète de "manipulations orchestrées par Damas"

Les autorités attribuent les attaques à Al-Qaida. La France a reçu cette information avec prudence. Interrogé sur la possibilité que les attentats aient été commis par le régime pour justifier la répression du soulèvement populaire, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero a déclaré que le Quai d'Orsay n'avait "pas encore de précisions sur l'origine des attentats dans le centre de Damas". 

La France se dit également "très préoccupée par les informations faisant état de manipulations orchestrées depuis plusieurs jours par Damas pour maquiller la réalité de la répression, notamment en transférant des prisonniers politiques dans des lieux de détention secrets".

Selon une estimation de l'ONU, cette répression a fait au moins 5 000 morts depuis la mi-mars. Les autorités syriennes, qui attribuent les troubles à des "bandes armées", ont pour leur part annoncé plus de 2 000 morts dans les rangs de l'armée et des services de sécurité.