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Syrie : Moscou bloque toujours le projet de résolution de l'ONU

Les diplomates se veulent cependant positifs et notent "quelques progrès". Une offre d'exil à Bachar Al-Assad serait par ailleurs en discussion.

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Le secrétaire général de la Ligue Nabil Al-Araby (G) et le Premier ministre du Qatar, le cheikh Hamad bin Jaber bin Muhammad Al Thani, représentant de la Ligue, lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU le 31 janvier 2012, à New York. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

La Russie reste inflexible : "Nous n'autoriserons aucun texte que nous considèrerons comme erroné et qui conduirait à une aggravation du conflit. Nous ne permettrons pas son adoption", a affirmé l'ambassadeur russe auprès de l'ONU, Vitali Tchourkine. Les discussions ont duré près de trois heures mercredi 1er février autour d'une proposition de résolution du Conseil de sécurité susceptible de mettre un frein aux violences en Syrie. 

Les puissances occidentales et la Ligue arabe sont toujours à la manœuvre pour tenter d'obtenir un compromis et se veulent positifs. Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont fait "quelques progrès", ont indiqué des diplomates.

Trois pays non européens prêts à accueillir le président syrien

Le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, a dit avoir noté, "pour la première fois", l'attitude "moins négative de la Russie".  Il a précisé qu'il y aurait "peut-être un vote dans le courant de la semaine prochaine" sur le projet de résolution.

Selon l'agence Reuters, une offre d'exil au président Bachar Al-Assad serait par ailleurs en discussion entre les Etats-Unis, des gouvernements européens et des Etats arabes. Trois pays non européens seraient disposés à l'accueillir sur leur sol. A ce stade de la crise syrienne, aucun signe ne suggère cependant que le président syrien est prêt à quitter son pays. Les différentes sources citées par Reuters soulignent en outre que les discussions n'en sont qu'à un stade préliminaire et qu'aucun plan n'a encore été arrêté.

En dépit de la recrudescence des violences qui ont fait au moins 400 morts en une semaine et des pressions qui s'intensifient sur Damas, le régime syrien reste sourd aux appels.

59 morts mercredi, plus de 6 000 depuis le début du conflit

Au moins 59 personnes, dont 38 civils, sont mortes mercredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Les combats entre armée et dissidents font rage dans les provinces d'Idleb, de Homs et de Damas. L'Armée syrienne libre (ASL), fer de lance de "l'opposition armée", ose depuis quelques jours des attaques aux portes de Damas.

Le ministre français Alain Juppé a dressé un bilan de la répression depuis le début de la crise : "6 000 morts aujourd'hui, selon l'Unicef 384 enfants massacrés par le régime, 15 000 prisonniers, 15 000 réfugiés". L'OSDH évalue de son côté à au moins 6 680 personnes, dont 4 755 civils, le nombre des morts depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011.

L'opposition syrienne a appelé à manifester massivement les deux prochains jours dans l'ensemble du pays pour marquer le 30e anniversaire du massacre de Hama (centre) commis par le régime en 1982 et qui avait fait des dizaines de milliers de morts.

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