Syrie : le régime accusé d'avoir mené une nouvelle attaque à l'arme chimique

Des secouristes, des rebelles et l'opposition syrienne en exil accusent l'armée de Bachar Al-Assad d'avoir conduit une attaque chimique samedi à Douma.

Des nuages de fumée s\'échappent de la ville de Douma (Syrie), le 7 avril 2018.
Des nuages de fumée s'échappent de la ville de Douma (Syrie), le 7 avril 2018. (STRINGER / AFP)

Trois jours consécutifs de bombardements. L'aviation du régime syrien a poursuivi, dimanche 8 avril, ses frappes sur Douma, la dernière poche rebelle près de Damas (Syrie). Et de nouveau, l'armée de Bachar Al-Assad est accusée de s'être servie d'armes chimiques.

Les Casques blancs, ces secouristes qui opèrent dans les zones rebelles en Syrie, ont accusé le régime d'avoir eu recours à des "gaz toxiques" à Douma et donné, sur leur compte Twitter, des bilans contradictoires, évoquant entre 40 et 70 morts. Dans un communiqué commun avec l'ONG médicale SAMS (Syrian American Medical Society), ils ont en outre fait état de "plus de 500 cas, en majorité des femmes et des enfants", qui présentent "les symptômes d'une exposition à un agent chimique". Les patients souffrent de "difficultés respiratoires", de "brûlures de la cornée", "une mousse excessive" s'échappe de leur bouche et ils dégageaient "une odeur semblable à celle du chlore", selon leur communiqué.

Trump dénonce "une attaque chimique insensée"

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a pour sa part indiqué ne pas être en mesure de confirmer cette attaque chimique du régime. L'ONG a évoqué 70 cas de difficultés respiratoires et de suffocation, mais dues, selon lui, au fait que les civils sont pris au piège dans les sous-sols ou des pièces faiblement ventilées, sans possibilité de sortir et de fuir. Selon l'OSDH, 21 personnes, dont neuf enfants, ont péri dans ces conditions. 

Dimanche, le président américain a dénoncé sur Twitter une "attaque chimique insensée" et prévenu qu'il faudra en "payer le prix fort", pointant du doigt la "responsabilité" de la Russie et de l'Iran qui soutiennent "l'animal Assad".

Les médias d'Etat syriens ont démenti, rejetant des "fabrications". Et Moscou a pris encore une fois la défense du pouvoir syrien, en démentant ces accusations.