Syrie : "Le droit humanitaire n'aura bientôt plus aucune légitimité" dans la Goutha orientale

Michel Morzière, porte-parole du collectif pour une Syrie libre et démocratique, s'est indigné mercredi sur franceinfo de l'absence de réaction de la communauté internationale aux bombardements du régime de Bachar al-Assad dans la Ghouta orientale en Syrie.

Un bombardement dans la région de la Ghouta orientale en Syrie, le 21 février.
Un bombardement dans la région de la Ghouta orientale en Syrie, le 21 février. (AMER ALMOHIBANY / AFP)

La Ghouta orientale, zone rebelle syrienne, est à nouveau bombardée par le régime de Bachar al-Assad et la Russie, mercredi 21 février. Depuis dimanche, plus de 300 civils ont été tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), et les hôpitaux seraient visés. Michel Morzière, porte-parole du collectif pour une Syrie libre et démocratique, dit mercredi sur franceinfo avoir honte et estime que la communauté internationale ne réagit pas suffisamment.

franceinfo : Dénoncez-vous l'absence de réaction face à cette situation en Syrie ?

Michel Morzière : J'ai honte quand j'entends le concert de lamentations. C'est une véritable indécence : le secrétaire général de l'ONU est profondément inquiet, le porte-parole de la diplomatie américaine est extrêmement préoccupé... Cela fait sept ans que l'on va de réunion en réunion et de ligne rouge en ligne rouge.

Ces réactions indignées sont pour vous du vent ?

Le résultat est là. Et en France, quelle voix forte depuis 2011 s'est élevée pour soutenir le peuple syrien ? Quel homme politique, quel grand artiste ? On sait très bien que Bachar al-Assad ne va jamais négocier. Il terrorise son peuple, il pratique la torture, il affame la population, il détruit les villes, les écoles et les hôpitaux. On a sous-traité le peuple syrien à Vladimir Poutine, j'ai vraiment terriblement honte.

Avez-vous des contacts avec des habitants dans la Goutha ?

Mes amis syriens sont en contact avec des habitants de la Goutha. On en est à cent morts par jour. Bachar al-Assad fait ce que son père avait fait en 1982 à Hama en rasant une ville, mais là il le fait à l'échelon du pays. Cela a été le cas à Alep, aujourd'hui la Goutha, et demain Idlib avec trois millions d'habitants. Il écrase les gens qui ne sont pas d'accord avec lui. Il y aura une Syrie délabrée qui n'existera plus. Si on le laisse aller au bout de son projet avec la bénédiction de Vladimir Poutine, je considère que c'est un véritable Diên Biên Phu diplomatique. Le droit humanitaire n'aura bientôt plus aucune légitimité. Demain, il y aura les mêmes atrocités que lors de la seconde guerre mondiale. On est en train de perdre notre propre humanité.