DOCUMENT FRANCE 2. "On n'a pas d'autre choix que de revenir" : en Syrie, le difficile retour des habitants à Alep, meurtrie par la guerre

Alors que la guerre s'éloigne dans toute une partie du pays, les Syriens regagnent peu à peu leurs villes.

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La ville d'Alep, en Syrie, est meurtrie par des années de combats. Des quartiers entiers ont été réduits en poussière, par la guerre entre le régime syrien, le groupe terroriste Etat islamique et les différents groupes d'opposition. C'est ce décor qu'a retrouvé Mahmoud, lorsqu'il est rentré à Alep, il y a quelques mois. 

"Les bâtiments sont très abîmés, mais les gens sont revenus car ils n'ont pas les moyens de payer une location ailleurs", explique Mahmoud. Aussi incroyable que cela puisse sembler, il est donc revenu habiter dans les ruines d'un immeuble éventré. A la place de sa chambre : un trou béant. Sa famille a donc réinvesti les pièces les moins dangereuses, dont les murs laissent tout de même voir leur armature d'acier.

600 000 Syriens sont rentrés

Il n'y a pas d'eau courante, alors des bidons d'eau sont entreposés dans l'escalier. Un câble a permis de raccorder le bâtiment à l'électricité depuis un immeuble voisin. Il sert notamment à alimenter une parabole, pour retrouver un semblant de normalité. "On n'a pas d'argent, alors on n'a pas eu d'autre choix que de revenir ici", explique Mahmoud, qui espérait sauver quelques biens "des pillages".

Comme lui, plus de 600 000 Syriens sont rentrés chez eux depuis le début de l'année. Omar Marawi, lui, revient d'Allemagne, où il avait obtenu un visa d'un an. Quand sa demande de regroupement familial a été refusée, il a choisi de rentrer en Syrie. "Je ne regrette pas d'y être allée, j'ai été bien accueilli, mais je ne m'attendais pas à ce que la vie soit si difficile là-bas", raconte-t-il.

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La ville d\'Alep (Syrie), le 9 mars 2017.
La ville d'Alep (Syrie), le 9 mars 2017. (JOSEPH EID / AFP)