Syrie : la trêve vole en éclats après des bombardements sur Alep et sur un convoi humanitaire

Les espoirs s'étaient nettement refroidis ces derniers jours avec la reprise des combats et des échanges virulents entre les Etats-Unis et la Russie. 

Des habitants d\'Alep (Syrie) dans une rue dévastée par un bombardement survenu le 18 septembre 2016, la veille de la fin de la trêve. 
Des habitants d'Alep (Syrie) dans une rue dévastée par un bombardement survenu le 18 septembre 2016, la veille de la fin de la trêve.  (KARAM AL-MASRI / AFP)

L'armée syrienne a déclaré, lundi 19 septembre, la fin de la trêve initiée il y a une semaine par les Etats-Unis et la Russie. Cette annonce a été suivie de bombardements sur les quartiers rebelles d'Alep. Au total, des raids ont tué au moins 36 civils dans cette ville du nord du pays et dans sa province lundi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui a précisé que "plus de 40 frappes aériennes" avaient été menées depuis l'annonce de Damas.

Moins de deux heures après l'annonce de l'armée syrienne, des raids aériens incessants ont visé l'est de la ville, ont rapporté des journalistes sur place. L'OSDH a confirmé les bombardements dans la province, sans toutefois être en mesure de déterminer la nationalité des appareils. "Des résidents disent que les bombes tombent comme de la pluie", en pleine nuit, rapporte la responsable du bureau du Washington Post dans la région.

Un convoi humanitaire bombardé

Un autre objectif de la trêve était l'acheminement de l'aide humanitaire vers les villes assiégées, mais celui-ci ne s'est fait qu'au compte-goutte et, surtout, n'a pas atteint les quartiers rebelles d'Alep. Des avions militaires, potentiellement syriens ou russes, ont bombardé un convoi de 31 camions d'aide humanitaire, près d'Alep, ont annoncé les Nations unies. "Notre indignation face à cette attaque est énorme, a affirmé dans un communiqué l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. Le convoi était le résultat d'un long processus d'autorisation et de préparation pour venir en aide à des civils isolés."

Cette attaque a tué 20 personnes, humanitaires du Croissant-Rouge et conducteurs de camions, selon l'OSDH. L'armée russe enquête sur les "informations" concernant ce bombardement, a indiqué mardi le Kremlin. "Par mesure de sécurité immédiate", les Nations unies ont suspendu la circulation de tous leurs convois humanitaires en Syrie, "dans l'attente d'une nouvelle évaluation des conditions de sécurité".

Une réunion diplomatique à New York mardi

La fin de la trêve survient alors que les timides espoirs suscités initialement par l'accord russo-américain s'étaient nettement refroidis ces derniers jours avec la reprise des combats et des échanges virulents entre les deux grandes puissances. Des photos montraient que des bombardements avaient déjà eu lieu pendant la trêve.

Face à la gravité de la situation, le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), qui rassemble depuis novembre 2015 une vingtaine de pays et d'organisations internationales (dont les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Iran), se réunira mardi à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, a annoncé lundi la diplomatie américaine.