Syrie. Déluge de feu sur la ville d'Alep

Rebelles et soldats loyalistes se livrent de violents combats, mais le régime affirme que la véritable bataille n'a pas encore commencé.

Les rebelles syriens prennent possession d\'un char de l\'armée syrienne, dans le nord d\'Alep, le 4 août 2012.
Les rebelles syriens prennent possession d'un char de l'armée syrienne, dans le nord d'Alep, le 4 août 2012. (AHMAD GHARABLI / AFP)

SYRIE - La bataille continue de faire rage à Alep. L'armée syrienne a repris, dimanche 5 août, le bombardement du quartier de Salaheddine, principal bastion rebelle de la ville. Samedi, il avait été la cible du plus violent pilonnage depuis l'ouverture du front d'Alep le 20 juillet.

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Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui tire ses informations d'un réseau de militants et des témoins, des combats entre l'armée et les insurgés se déroulent aussi dans d'autres quartiers de la ville.

La véritable bataille d'Alep encore à venir ?

La situation pourrait encore empirer dans les prochains jours. Selon le journal officiel Al-Watan, la véritable bataille d'Alep n'a pas encore commencé : "La mission actuelle [de l'armée] consiste à donner des coups durs aux terroristes, à resserrer l'étau et à renforcer le contrôle des entrées de la ville afin de les empêcher de fuir". Samedi, un responsable de la sécurité avait déjà affirmé que la véritable bataille d'Alep n'avait pas encore commencé et que les bombardements de l'armée n'étaient que des préparatifs. Selon lui, au moins 20 000 soldats ont été déployés en renfort dans et autour d'Alep, et d'autres continuent d'arriver.

Au contraire, les rebelles disent tenir la moitié de la ville et affirment que malgré les bombardements, les soldats ne parviennent pas à avancer dans les quartiers.

Selon des journalistes de l'AFP sur place, la situation semble figée. Les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) et soldats loyalistes se battent certes violemment à Salaheddine mais chacun attend encore la grande offensive promise par le régime.

L'armée aurait repris la totalité de Damas

Pour soulager Alep, des rebelles attaquent quasiment chaque nuit l'aéroport militaire de Mannagh, où sont basés des hélicoptères. Les avions de l'armée de l'air, eux, viennent d'Idleb, plus à l'ouest ou d'autres régions, et rien ne semble pour l'instant pouvoir les arrêter.

Dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS), la plus importante coalition de l'opposition, a accusé l'armée de bombarder les sièges d'institutions publiques, qui font partie du patrimoine architectural d'Alep.

A Damas, la capitale, l'armée a affirmé samedi avoir repris le quartier de Tadamoun aux rebelles, et contrôler ainsi la totalité de la ville. Dans la région de Damas, haut lieu de pèlerinage chiite, 48 pèlerins iraniens ont été enlevés samedi. L'Iran a demandé à la Turquie et au Qatar, qui soutiennent les rebelles syriens, d'intervenir pour les faire libérer. Dans une vidéo de la télévision Al-Arabiya, les rebelles ont affirmé que parmi ces otages figurent des membres des Gardiens de la révolution, armée prétorienne du régime iranien.