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Les habitants d'Alep gardent "l'espoir d'une Syrie meilleure"

L'armée syrienne a repris la ville d'Alep au terme de violents combats.Beaucoup de civils ont été tués, des milliers ont essayé de fuir. Invité de franceinfo dimanche, le photojournaliste franco-syrien Ammar Abd Rabbo a publié un recueil de photos prises entre 2012 et 2014. Pour lui, les Aleppins ont réussi à conserver leur humour.

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Radio France
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L'évacuation des civils à Alep (Syrie) a débuté le 15 décembre 2016. (JUMA MOHAMMAD / MAXPPP)

L’armée syrienne a pris possession des anciens quartiers rebelles d'Alep-Est, au nord de la Syrie. Des dizaines de milliers de civils ont été évacués. Il leur a fallu résister et assurer leur survie pendant les combats entre rebelles et armée.

Le photojournaliste franco-syrien Ammar Abd Rabbo est l'auteur du livre Alep, à elles, eux, paix !, un recueil de photographies prises à Alep entre 2012 et 2014. Sur franceinfo, dimanche 25 décembre, il a indiqué les Syriens avaient, malgré tout, "continué à vivre" pour traverser ces épreuves. Aujourd'hui, "ils gardent espoir".

franceinfo : Vos photos prouvent-elles qu’il y avait une vie sous les bombes ?

Ammar Abd Rabbo : C'était d’une période durant laquelle 500 000 habitants vivaient dans cette zone rebelle. Ils connaissaient une vie tout à fait normale. Il y avait des marchés, des écoles. Dans mon livre, je parle de gens qui tournent une comédie. J’ai voulu montrer cela car on entend toute sorte de choses aujourd’hui et je tiens à montrer qu’Alep-Est n’était pas un nid à terroristes.

Les habitants d’Alep ont-ils une capacité particulière à faire face à une telle situation ?

Je crois que l’être humain possède une capacité à résister et à continuer tranquillement sa vie. Les Aleppins avaient également un sens de l’humour extraordinaire. Ils n’hésitaient pas à faire des blagues sur les avancées ou les pertes de certains territoires, sur les islamistes. Cette vie que je décris est restée jusque la semaine dernière.

Malheureusement, on a les yeux braqués sur l’organisation État islamique et les décapitations. Ce sont des choses plus impressionnantes qu’un professeur continuant à faire classe dans une école qui a été bombardée. Ça intéresse moins les médias et le public. On a les a moins vus, mais eux étaient toujours là et continuaient toujours leur vie. Ils avaient toujours leur rêve et l’espoir d’une Syrie meilleure.

Cet espoir va- t-il se poursuivre ?

Il suffit de regarder les circonstances dans lesquelles Bachar Al Assad a dû reprendre Alep. Il a été aidé par les Iraniens et les Russes. Si ces nations étrangères partent un jour vers d'autres priorités, Bachar Al Assad se retrouvera seul face à son peuple qui ne veut plus de lui.

Malheureusement, les Syriens avaient confiance en ce qu’on appelle le monde libre. Ce monde-là les a complètement laissé tomber. Ils se rendent compte que c’est la loi du plus fort qui règne. Donc malheureusement, les Syriens doivent compter sur eux-mêmes. L'espoir va continuer car ils espèrent toujours un sursaut.

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