Le Liban fait bloc contre les jihadistes près de la frontière syrienne

Depuis trois jours, la frontière est avec la Syrie est le théâtre de combats entre des jihadistes et l'armée libanaise. Le gouvernement est uni derrière son armée, un fait rare dans ce pays profondément divisé face au conflit syrien.

Des Libanais font le V de la victoire lors d\'une opération contre les jihadistes venus de Syrie, près de la frontière syrienne à Aarsal (Liban), le 4 août 2014.
Des Libanais font le V de la victoire lors d'une opération contre les jihadistes venus de Syrie, près de la frontière syrienne à Aarsal (Liban), le 4 août 2014. (JOSEPH EID / AFP)

Le Liban, profondément divisé sur la guerre en Syrie, a fait preuve d'une unité peu commune, lundi 4 août, en assurant l'armée de son soutien et en rejetant tout compromis avec des jihadistes qu'elle combat depuis samedi dans la région d'Aarsal, frontalière de la Syrie. Au troisième jour d'affrontements qui ont causé 16 morts dans ses rangs, l'armée a bombardé les collines surplombant cette localité. "Il n'y a pas de solutions politiques avec les takfiris [extrémistes sunnites] qui sèment le chaos (...) et veulent transférer leurs pratiques écœurantes au Liban", a insisté le chef (sunnite) du gouvernement, Tammam Salam.

Les combats à Aarsal ont éclaté après l'arrestation d'Imad Ahmad Jomaa, un chef du Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, selon une source militaire. Des dizaines de jihadistes sunnites ont été tués depuis samedi dans les combats. Treize soldats et 20 policiers sont portés disparus, vraisemblablement aux mains des assaillants, et 86 militaires ont été blessés.

Livraison d'armes depuis la France

Tammam Salam a assuré l'armée du "soutien total et de la confiance complète du gouvernement (...) dans sa mission sacrée". Toutes les confessions sont représentées au sein du gouvernement et de l'armée, et cette dernière a besoin d'un soutien unanime de l'exécutif pour opérer. Il s'agit d'une rare unanimité dans ce pays profondément divisé face au conflit syrien, entre partisans sunnites de la rébellion syrienne et la milice chiite du Hezbollah qui se bat aux côtés du régime de Damas. Ce dernier a exprimé son soutien à l'armée libanaise "pour faire face aux groupes terroristes et les anéantir".

Le Premier ministre libanais a également indiqué avoir "demandé aux autorités françaises d'accélérer la livraison des armes déjà approuvée dans le cadre de l'accord d'armements financé par l'Arabie saoudite"Fin décembre, Riyad s'était engagé à octroyer trois milliards de dollars (2,3 milliards d'euros) à l'armée libanaise afin que celle-ci, faiblement équipée, se procure des armes françaises.