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La mère d'un mineur parti en Syrie attaque l'Etat en justice

Elle reproche aux autorités françaises de l'avoir laissé partir vers la Turquie.

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France Télévisions
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Capture d'écran de Google Street View montrant l'aéroport de Nice. (GOOGLE STREET VIEW)

Son fils est parti faire le jihad en Syrie, elle réclame réparation à l'Etat. Une mère, dont le fils est parti en 2013 en Syrie alors qu'il était mineur, va demander mardi 9 juin au tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à lui verser des indemnités pour ne pas l'avoir empêché de quitter le territoire.

Brian venait de fêter Noël avec sa mère et ses trois frères et sœurs à Nice quand, le 27 décembre 2013, l'adolescent, alors âgé de 16 ans, décide sans prévenir de partir combattre en Syrie avec trois autres Niçois. Récemment converti à l'islam, le jeune homme, qui ne montrait aucun signe de radicalisation selon sa mère, embarque à bord d'un avion en direction d'Istanbul pour rejoindre la Syrie, où il se trouverait encore, toujours d'après sa mère, qui l'a eu récemment au téléphone.

Elle réclame 110 000 euros

Contrôlé à l'aéroport de Nice avec sa pièce d'identité par la police de l'air et des frontières, l'adolescent, "mineur, a quitté le territoire français pour la Turquie, notoirement connue pour être la porte d'entrée vers la Syrie, sans que la police s'en inquiète", déplore Me Samia Maktouf, avocate de la mère. Cette dernière, qui assure n'avoir appris les intentions de son fils "que quelques jours avant son départ" par des jeunes de la cité, avait signalé sa disparition au commissariat dans la nuit du 27 au 28 décembre, alors qu'elle était sans nouvelles de lui depuis 24 heures.

"La police a commis une faute grave et un manque de discernement s'agissant d'un mineur, non accompagné, qui se rendait avec un aller simple en Turquie sans bagages", estime l'avocate. Considérant que les services de police ont manqué à leurs obligations, la mère de famille demande au tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à verser 110 000 euros pour elle et ses trois autres enfants au titre du préjudice subi. "Ce n'est pas l'argent que nous visons, mais nous voulons faire prendre conscience qu'une erreur a été commise, soutient son avocate. Il faut que les départs de mineurs pour le jihad cessent."

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