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L'épopée hasardeuse de trois Français candidats au jihad en Syrie

Entre trois et six ans de prison ferme ont été requis contre Youssef Ettaoujar, Salah-Eddine Gourmat et Fares Farsi. Le procès de ces trois jeunes hommes avait lieu hier et aujourd'hui au tribunal correctionnel de Paris.

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Youssef Ettaoujar, Fares Farsi et Salah-Eddine Gourmat (de gauche à droite) à la barre du tribunal correctionnel de Paris, le 30 janvier 2014. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Trois jeunes hommes qui projetaient d'aller combattre en Syrie sont actuellement jugés par le tribunal correctionnel de Paris. Vendredi 31 janvier, le parquet a requis des peines allant de 3 ans de prison, dont un an avec sursis, à six ans de prison ferme. Ils encourent au maximum dix ans de prison pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme". L'affaire a été mise en délibérée au 7 mars à 14 heures.

Youssef Ettaoujar, Salah-Eddine Gourmat et Fares Farsi ont été arrêtés le 14 mai 2012 au comptoir d'enregistrement de l'aéroport de Saint-Etienne (Loire), alors qu'ils s'apprêtaient à monter dans un avion pour Gaziantep, une ville turque située à 60 km de la frontière syrienne. 

Cagoules et holsters dans les bagages

Leur objectif ? "Nouer des contacts" pour ensuite "s’entraîner au maniement des armes pour faire partie du soulèvement en Syrie et combattre Bachar Al-Assad", a avoué à la barre Fares Farsi, 20 ans au moment des faits. Autrement dit, participer "au jihad".

A côté, ses deux acolytes nient avoir voulu prendre les armes et assurent avoir choisi la Turquie pour se rendre "dans les camps de réfugiés syriens pour filmer la tristesse". Youssef Ettaoujar, présenté comme "l'animateur" du groupe, évoque même "des vacances". "Mais s'il y avait eu un entraînement, je l'aurais fait" car "c'est gratuit", sourit-il. 

Le contenu de leurs bagages, saisis lors de leur arrestation, en révèle un peu plus sur leurs intentions. Si les caméras sont bien présentes, les enquêteurs ont trouvé des longues-vues, des livres sur l'islam, des gilets de combat, des cagoules militaires, des holsters et un ordinateur. Les écoutes téléphoniques du trio, visé par une enquête préliminaire dès le 30 mars 2012, sont elles aussi éloquentes.

Une organisation hasardeuse et des hésitations

Elles soulignent néanmoins l'amateurisme des trois hommes, qui se sont rencontrés quelques mois plus tôt. Ainsi, à neuf jours du départ, rien n'est encore fixé quant à la destination finale. "Plein de destinations passaient par la tête de tout le monde", a reconnu Fares Farsi, citant le Mali, la Libye ou encore le Yémen. "Aller en Syrie, c'était un projet sans organisation particulière. On n'avait pas de contact. C'était sur un coup de tête."

L'organisation s'avère chaotique. Le trio s'est d'abord procuré un véhicule 4x4 et un moteur de zodiac, afin de rejoindre la Tunisie en ferry. Youssef Ettaoujar s'en défend. Goguenard, il affirme avoir voulu "se promener en mer". Concernant des "cannes à pêche" évoquées dans leurs conversations, Salah-Eddine Gourmat finit par admettre qu'il s'agissait de se procurer des armes. Le doute finit par gagner Fares Farsi, qui reconnaît devant les juges avoir été "dans une forme de radicalisation sans vouloir prendre les armes".

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