Qui sont les quatre journalistes français libérés en Syrie ?

Portraits de ces quatre hommes qui ont passé dix mois aux mains de ravisseurs, en Syrie. Leur retour est prévu dimanche matin.

Didier François et Edouard Elias, peu après leur libération, le 19 avril 2014.
Didier François et Edouard Elias, peu après leur libération, le 19 avril 2014. (STR / AFP)
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Ils sont libres, après avoir passé près de dix mois en captivité. Les quatre journalistes français otages en Syrie ont été libérés. Ils seront de retour en France dimanche 20 avril, selon François Hollande. Didier François et Edouard Elias avaient été enlevés le 6 juin dans la région d'Alep. Nicolas Hénin et Pierre Torres avaient été enlevés le 22 juin mais les autorités françaises ne l'avaient annoncé qu'en octobre. Qui sont-ils ? Voici leur parcours.

De gauche à droite et de haut en bas : Didier François, Edouard Elias, Pierre Torrès et Nicolas Hénin, anciens otages en Syrie.
De gauche à droite et de haut en bas : Didier François, Edouard Elias, Pierre Torrès et Nicolas Hénin, anciens otages en Syrie. (DESK / HAYTHAM/TORRES FAMILY/BENOIT SCH)

• Didier François, 53 ans, est un reporter de guerre chevronné qui a couvert tous les conflits de la planète depuis 30 ans : Bosnie, Tchétchénie, Irak, Gaza etc. Grand reporter à Europe 1, cet ancien militant socialiste a aussi été l'un des fondateurs de SOS-Racisme. Didier François "faisait partie de la 'bande à Juju', [Julien Dray] selon Le MondeOn lui a d'ailleurs souvent attribué l'invention du slogan 'Touche pas à mon pote !'" 

Le quotidien rappelle que "juste avant son enlèvement le 6 juin 2013, au nord d'Alep, Didier François avait été le premier à révéler que les services de renseignement français avaient la preuve, grâce à des analyses d'échantillons prélevés sur place, de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie".

• Edouard Elias, 23 ans, est un jeune photographe indépendant missionné par Europe 1 pour son site web. Originaire du Gard, il a vécu dix ans en Egypte avant de rentrer en France en 2009 pour y faire ses études. Il étudie la photographie à l'Ecole Condé de Nancy où il se passionne pour la photographie de guerre. Il a travaillé dans des camps de réfugiés en Turquie, en Birmanie mais aussi à Alep. "Ce n'est pas une tête brûlée, ni un va-t-en-guerre, mais quelqu'un de très posé et consciencieux. Il s'était mis apprendre l'arabe", a raconté l'un de ses professeurs à Nancy, Olivier Cahez.

• Pierre Torres, océanographe de formation et photographe autodidacte de 29 ans, était parti sans être rattaché à aucun média, avec l'intention de vendre ses clichés et pour préparer un documentaire. C'était son troisième séjour en Syrie. "Je l'ai croisé en juillet 2012 à Alep. Il débutait en journalisme. Il ne sortait pas d'école, il était vraiment autodidacte et très gonflé !", témoigne Florence Aubenas, grand reporter au Monde, coprésidente du comité de soutien aux otages en Syrie.

• Nicolas Hénin, reporter de 37 ans est un journaliste indépendant aguerri, fin connaisseur du Moyen-Orient et de l'Afrique, basé à Addis-Abeba (Ethiopie) depuis 7 ans. Ce diplômé de l'IPJ (Institut pratique du journalisme) qui a étudié l'Histoire couvre depuis longtemps l'Afrique et le Moyen-Orient pour plusieurs médias francophones, dont Arte, Le Point, Radio France, RTBF, RTS et Radio Canada. Il séjournait en Syrie pour la cinquième fois depuis 2011.