Frappes en Syrie : devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le représentant de la France parle d'une "réponse nécessaire"

Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU ce samedi, l'ambassadeur de France auprès des Nations unies François Delattre a évoqué une "stratégie pour mettre un terme à la tragédie syrienne".

L\'ambassadeur de France auprès des Nations unies François Delattre, devant le Conseil de sécurité de l\'ONU, samedi 14 avril 2018.
L'ambassadeur de France auprès des Nations unies François Delattre, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, samedi 14 avril 2018. (MOHAMMED ELSHAMY / ANADOLU AGENCY / AFP)

En deux mots, détermination et fermeté. L'ambassadeur de France auprès des Nations unies, François Delattre, a affiché la stratégie de la France lors de la réunion du Conseil de sécurité ce samedi 14 avril. Une réunion d'urgence après les frappes menées en Syrie par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France dans la nuit de vendredi à samedi.

"Je veux redire d'emblée à ceux qui font mine de s'interroger, a déclaré François Delattre, que la France n'a strictement aucun doute sur la responsabilité du régime d'Assad [dans l'attaque chimique présumée perpétrée le 7 avril à Douma, près de Damas]".

Face à cette attaque aux principes, aux valeurs et au droit qui fondent l'action des Nations unies, le silence n'est plus une solution.François Delattredevant le Conseil de sécurité de l'ONU

"Depuis des années, a ajouté le diplomate, Bachar al-Assad mène, avec le soutien actif de ses alliés, une stratégie de destruction destinée à écraser toute opposition au mépris des principes les plus élémentaires d'humanité et au prix des vies de centaines de milliers de civils en Syrie (...). Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques".

"Mettre un terme à la tragédie syrienne"

Celui qui représente la France aux Nations unies a justifié l'usage de la force par les tentatives de dialogue passées : "Nous avions averti clairement le régime d'Assad et ses soutiens qu'une telle transgression [une attaque chimique] ne resterait pas sans réaction. Nous avons agi conformément à notre parole et à notre responsabilité."

"Les frappes de la nuit dernière sont une réponse nécessaire au massacre chimique en Syrie, a lancé François Delattre. Elles sont une réponse au service du droit et de notre stratégie politique pour mettre un terme à la tragédie syrienne."

Lui et plusieurs diplomates (dont Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Otan) ont appelé la Russie "à faire preuve de responsabilité" pour mettre fin au massacre des populations civiles en Syrie.